Diplomatie

« Deal du siècle » de Donald Trump : le Maroc fait cavalier seul au Maghreb

Vue sur Jerusalem depuis le Mont des Oliviers. (Photo d'illustration)

Vue sur Jerusalem depuis le Mont des Oliviers. (Photo d'illustration) © Dan/CC/Flickr

Alors que Tunis et Alger ont vivement critiqué le plan de paix pour le Proche-Orient présenté par Donald Trump le 28 janvier, Rabat a pris soin de ne pas froisser la Maison-Blanche, tout en rappelant sa position sur le dossier israélo-palestinien.

C’est un plan « raciste » qui « impose la souveraineté de l’occupation israélienne », réagit le Parlement tunisien au sujet du plan de paix, annoncé mardi par Donald Trump. Une « prescription du droit du peuple palestinien », renchérit le Ministère des Affaires étrangères algérien, réitérant son « soutien indéfectible et permanent à la cause palestinienne ».

Le « deal du siècle » du locataire de la Maison-Blanche, censé apporter des solutions concrètes au conflit israélo-palestinien, a suscité de violentes réactions à Alger comme à Tunis. À Rabat, en revanche, la diplomatie chérifienne s’est montrée plus mesurée.

« Efforts constructifs de paix »

« Le Maroc apprécie les efforts constructifs de paix déployés par l’administration américaine actuelle en vue de parvenir à une solution juste, durable et équitable au Proche-Orient », a souligné Nasser Bourita, lors d’un point de presse.

Le ministre des Affaires étrangères s’est abstenu de critiquer ouvertement le fond du plan de Donald Trump, expliquant « qu’au vu de l’importance de cette vision et de son ampleur, le royaume examinera ses détails de manière très attentive ». Il relève néanmoins que « l’acceptation par les parties des différents éléments est fondamentale pour la mise en œuvre et la durabilité de ce plan ».

Même au sujet du statut de Jérusalem, l’un des principaux points d’achoppement du deal de Trump, Rabat prend des pincettes pour montrer son désaccord : « Le royaume considère que le statut de Jérusalem doit être préservé », estime le ministre qui relève cependant que « la décision finale doit faire l’objet de discussions entre les parties, conformément à la légalité internationale. »

Estimant que l’ouverture de dialogue entre les deux parties est une démarche qui converge avec les principes que le Maroc a toujours défendu dans ce dossier, le diplomate se contente de « souhaiter qu’une dynamique constructive de paix soit lancée, en vue d’une solution réaliste (…), satisfaisant les droits légitimes du peuple palestinien pour un État indépendant, viable et souverain avec Jérusalem-Est comme capitale. »

Une manière de rappeler la position marocaine, sans avoir à froisser l’administration Trump qui a pris soin de sensibiliser longuement le royaume sur ce dossier. Jared Kushner, le gendre conseiller du président et principal architecte de ce « deal du siècle » s’est rendu à deux reprises au royaume durant l’année 2019.

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