Start-up

Les investissements dans la tech africaine bondissent de 74 % en 2019

Cyril Collon et Tidjane Deme dans les bureaux parisiens de Partech Ventures, le 18 janvier 2018.

Cyril Collon et Tidjane Deme dans les bureaux parisiens de Partech Ventures, le 18 janvier 2018. © VINCENTFOURNIER/JA

Au titre de l’année écoulée, plus de 2 milliards de dollars (1,84 million d’euros) ont été investis dans les jeunes pousses du continent, soit un bond de 74 % en un an, relève le rapport annuel de Partech Africa publié ce mercredi 29 janvier.

Les start-up africaines attirent plus que jamais les investisseurs, conclut le rapport annuel sur le capital-investissement en Afrique de Partech Africa. Crée en 2018 par Partech et dirigé par Cyril Collon et Tidjane Deme, le fonds Partech Africa est destiné aux jeunes pousses du continent.  Doté de 125 millions d’euros, obtenus après avoir réalisé le closing final de son premier véhicule d’investissement en janvier 2019, il s’intéresse en priorité aux start-up aux ambitions panafricaines.

Pour 2019, Partech Africa recense 2,020 milliards de dollars de fonds levés dans la tech en Afrique, soit une croissance de 74 % sur un an. Le nombre de levées de fonds est, lui aussi, en forte augmentation (+ 52 %). Elles ont émané de 234 jeunes pousses, avec plus de 158 tours de table qui ont dépassé le million de dollars, dix d’entre eux s’élevant même au-delà des 50 millions.

Partech Africa en tire des enseignements sur l’attractivité de la tech africaine : une tendance solide et pérenne, selon les analystes, pour lesquels ces chiffres sont aussi enthousiasmants pour les écosystèmes. « Cette nouvelle réalité redéfinit de façon significative la portée du capital-investissement en Afrique et plus largement des économies du continent ».

Boom des start-up égyptiennes

Étant donné ces tendances et le niveau des investissements, il est désormais permis d’envisager de la création de valeur, estime Cyril Collon, general partner de Partech Africa, interrogé par Jeune Afrique. « Il y a maintenant assez de sociétés qui ont atteint une taille critique pour constituer des ‘assets’ intéressants pour des acquéreurs potentiels. Par ailleurs, les tickets investis en 2015 (qui s’élèvent à 277 millions de dollars) ont maintenant passé cinq ans dans les portfolios des investisseurs, la question des sorties commence à se poser. »

le Sénégal profite d’un pool de talents très large

Quatre pays africains sont les plus dynamiques et captent la majorité des ressources : l’Égypte rejoint le tiercé Nigeria, Kenya, Afrique du Sud, et supplante même cette dernière en troisième position (avec un bond de 147 % des fonds levés d’une année sur l’autre). Ces quatre pays concentrent 85 % des volumes investis, le Nigeria fait plus que jamais office de champion puisqu’il attire à lui seul 37 % de ces montants.

L’Afrique francophone est moins bien représentée, mais : « sur les quatorze ‘poursuivants’, huit sont des pays francophones (neuf si compte le Rwanda). Le Sénégal, qui est le premier des francophones (8e au classement général) en termes de transactions profite probablement d’un pool de talents très large. C’est un pays qui importe des étudiants et qui bénéficie d’un écosystème d’accompagnement des start-up très dynamiques », juge Cyril Collon.

La Fintech en tête

Parmi les secteurs porteurs de la tech africaine, c’est toujours la fintech et les start-up dites d’inclusion financière qui récoltent le plus de fonds. 54,5 % des montants levés le sont au bénéfice de l’inclusion financière et 41 % pour la fintech, note le rapport. Une prédominance qui s’explique selon Cyril Collon : « le phénomène de fonds le plus structurant dans cet écosystème est la digitalisation des paiements et transferts d’argents, initiée notamment par l’adoption du mobile money. C’est cette infrastructure qui sert de socle aux fintech mais aussi à tous les autres modèles de la tech africaine (e-commerce, mobilités, etc.). »

Partech Africa a aussi apporté de l’attention à la représentativité de ces jeunes pousses et mesuré l’attractivité de celles fondées ou cofondées par des femmes. Selon le rapport celles-ci parviennent à capter 17 % des transactions totales. L’Europe ne fait pas mieux, puisque selon Cyril Collon : « 93 % du capital-risque est dirigé vers des équipes fondées par des hommes uniquement d’après le dernier rapport d’Atomico (basé sur des données fournies par dealroom.co). »

Profils d’investisseurs

Autre donnée remarquable : le nombre croissant d’investisseurs intéressés par le capital-investissement sur le continent. Le rapport relève que 70 investisseurs ont réalisé deux transactions ou plus en 2019, contre 20 l’année précédente ( on compte 350 investisseurs en tout).

Trois types de profils se dessinent selon Cyril Collon : « d’abord ceux qui continuent à faire du ‘one-off’, c’est-à-dire un seul investissement, pour s’essayer à l’Afrique, mais qui sont loin de leurs bases. Le second profil englobe ceux qui viennent créer des premières poches d’investissements dédiées à l’Afrique, une première étape pour adresser le marché africain. »

Un troisième profil est identifié par Partech Africa, lui même acteur sur le continent : « les investisseurs avec un prisme africain, des équipes en Afrique, très exposés aux différents marchés du continent, ce sont des fonds locaux, sous régionaux ou des fonds panafricains. Nous sommes de plus en plus nombreux dans cette dernière catégorie ce qui est une autre indication de la très bonne dynamique de l’écosystème. »

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