Diplomatie

CAN 2020 de futsal à Laâyoune : « Le Maroc a rempli le cahier des charges », selon la CAF

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Les Marocains brandissent leur drapeau national dans la rue de Laayoune, au Sahara occidental, en novembre 2015.

Les Marocains brandissent leur drapeau national dans la rue de Laayoune, au Sahara occidental, en novembre 2015. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

La décision de Rabat d’organiser la CAN 2020 de futsal à Laâyoune, au Sahara occidental, a provoqué la colère d’Alger et le forfait de l’Afrique du Sud. Face à la polémique, le premier vice-président de la Confédération africaine de football (CAF), Constant Omari, a justifié la position de son organisation.

La Coupe d’Afrique des nations (CAN) de futsal est généralement un événement peu médiatisé. L’édition 2020 de cette compétition continentale de football en salle, qui aura lieu du 28 janvier au 7 février, fait exception tant le lieu choisi pour l’accueillir suscite la polémique. Le Maroc a en effet opté pour Laâyoune, la ville la plus importante du Sahara occidental, un territoire au cœur d’un conflit qui dure depuis plus de quatre décennies entre Rabat et les indépendantistes du Front Polisario, eux-mêmes soutenus par l’Algérie.

La décision a suscité l’ire de l’Algérie (dont la sélection n’est pas qualifiée) et de l’Afrique du Sud, qui a refusé de participer à la compétition. Pourtant, rappelle le premier vice-président de la Confédération africaine de football (CAF), Constant Omari, « le Maroc a rempli le cahier des charges » pour organiser l’événement à Laâyoune.

« Politisation des événements sportifs »

Une fois la nouvelle connue, le Comité olympique algérien (COA) a demandé à la CAF, à travers un communiqué, « d’éviter tout acte ou manœuvre d’essence politique contraire aux dispositions de la charte olympique ». Le comité est même allé plus loin en attaquant directement Ahmad Ahmad, le président de la CAF, l’accusant de « couvrir, sinon d’être complice, d’une politisation outrancière des événements sportifs ».

De son côté, la Fédération  algérienne de football (FAF) a adressé une lettre au patron du football africain, lui reprochant une décision « à connotation politique, qui prône la division au sein de la famille de la CAF ».

L’Afrique du Sud déclare forfait

Dans la foulée, l’Afrique du Sud a annoncé son forfait de la compétition – elle sera remplacée par Maurice, éliminée par les Sud-Africains en qualifications.

La nation Arc-en-Ciel reconnaît en effet la RASD, tout comme deux autres pays africains qualifiés – l’Angola et le Mozambique -, qui n’ont toutefois pas évoqué leur éventuel retrait de la compétition.

L’Afrique du Sud n’a aucun problème quant au fait de jouer au Maroc

Très politique, cette décision a été justifiée dans un communiqué publié par la Fédération sud-africaine de football (SAFA) : « La SAFA a décidé de déclarer forfait, le Maroc ayant persisté dans sa volonté d’organiser la CAN de futsal à Laâyoune. L’Afrique du Sud n’a aucun problème quant au fait de jouer au Maroc. Mais en conformité avec le gouvernement sud-africain et les résolutions de l’Union africaine [laquelle reconnaît la RASD comme un État africain, ndlr], l’Afrique du Sud ne jouera pas au Sahara occidental ». Une décision qui pourrait lui valoir des sanctions sportives et financières.

« La CAF ne fait pas de politique »

Du côté chérifien, ni la Fédération royale marocaine de Football (FRMF) ni le Comité olympique marocain (COM) n’ont officiellement réagi.

« L’Algérie n’est pas qualifiée et tente de s’immiscer dans ce dossier pour des raisons politiques. À chaque fois qu’il y a une compétition sportive à Laâyoune, c’est la même chose, réagit un cadre de la FRMF, sous couvert d’anonymat. Quant à l’Afrique du Sud, il faut rappeler que le président de la fédération, Danny Jordaan, est aussi le troisième vice-président de la CAF et qu’il est membre du conseil exécutif qui avait voté à l’unanimité, en juillet dernier, pour que cette CAN se déroule à Laâyoune », ajoute-t-il.

Face à cette polémique, le premier vice-président de la CAF, Constant Omari, a justifié la position de son organisation : « Ce n’est pas la CAF qui a décidé que la phase finale se déroulerait à Laâyoune. Le Maroc est le seul à choisir les sites retenus. La CAF organise des compétitions de football mais ne fait pas de politique, explique-t-il à Jeune Afrique. Et d’ajouter : « Le Maroc a rempli les conditions de notre cahier des charges, nous n’avions donc aucune raison de ne pas valider ce choix. »

Dans deux ans, le Maroc organisera la Coupe d’Afrique des nations de handball. La fédération a laissé entendre que la ville de Laâyoune pourrait accueillir certains matches. Une décision qui pourrait provoquer de nouvelles tensions.

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