BTP & Infrastructures

Inga III : l’espagnol ACS jette l’éponge, sur fond de mésentente entre les partenaires

Le barrage Inga III, en RD Congo

Le barrage Inga III, en RD Congo © Crédit : AEE Power

Membre de l’un des deux groupements chargé du développement du mégaprojet de barrage hydroélectrique Inga III, en République démocratique du Congo (RDC), Actividades de Construccion y Servicios (ACS) annonce sa sortie du projet. La décision intervient alors que les consortiums chinois et européen n’arrivent pas à s’accorder sur la constitution d’un consortium commun, exigé par l’exécutif congolais pour mener le projet.

Du rififi sur les rives du fleuve Congo. Alors qu’un rapport publié fin octobre par l’ONG Resource Matters et le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) mettait au jour l’existence de tensions entre les deux groupements choisis par le gouvernement congolais pour développer le projet Inga III, estimé à 14 milliards de dollars (12,6 milliards d’euros), c’est aujourd’hui l’un des partenaires qui abandonne. Le groupe de BTP espagnol ACS, qui conduit la branche européenne du consortium via sa filiale Cobra Instalaciones y Servicios, « ne participera pas à l’exécution du projet », ont révélé nos confrères de Bloomberg, le 20 janvier.

D’une capacité de 11 000 mégawatts, le projet Inga III fait partie de Grand Inga, une série de barrages destinés à exploiter jusqu’à 40 000 MW d’électricité d’une partie du fleuve Congo. S’il aboutit, Inga III deviendra la plus grande centrale hydroélectrique d’Afrique subsaharienne. Son développement a été confié par le gouvernement congolais, en octobre 2018, à deux groupements Chine Inga III, emmené par China Three Gorges Corporation et ProInga qui, outre ACS, est constitué notamment du fabricant de turbines allemand Andritz et du spécialiste de l’énergie espagnol AEE Power.

L’Afrique, plus stratégique pour ACS ?

Contacté à Madrid par Jeune Afrique, le groupe espagnol coté en bourse (IBEX 35), confirme sa sortie du projet Inga III, sans toutefois vouloir développer les raisons d’une telle décision.

Les négociations pour arriver à la formation d’un consortium unique pourraient désormais se détendre

« C’est une décision stratégique et souveraine d’ACS qui ne considère pas les grands travaux de génie civil comme stratégique en Afrique. Le groupe préfère se concentrer sur d’autres zones géographiques dans le monde », évoque une source proche du consortium européen. Elle précise : « ce n’est pas une surprise pour nous ni pour nombre d’acteurs du dossier ».

Cette décision met toutefois en lumière un certain flottement au sein du consortium européen dans un contexte de tensions entre les partenaires, européens et chinois, sur le projet, notamment au sujet de son exécution du projet, en une phase ou en deux phases, et de la répartition des parts au sein du consortium définitif. Après ce désengagement espagnol, « les négociations pour arriver à la formation d’un consortium unique pourraient se détendre », commente encore notre interlocuteur.

Déblocage du projet ?

Les parties, qui en avaient appelé à l’arbitrage de Félix Tshisekedi et de la Banque africaine de développement (BAD) en fin d’année dernière, ne se sont pour le moment pas accordées. Ce d’autant que le président de la RDC a déclaré qu’il préférait une plus petite usine de 4 800 MW, une version antérieure du plan récemment approuvé par le président de la BAD, Akinwumi Adesina, révélaient en novembre dernier en exclusivité nos confrères de Jeune Afrique Business+. La banque a financé des études de faisabilité pour le plus petit barrage en 2013.

S’il est encore trop tôt pour dire qui va remplacer ACS au sein du consortium européen, selon nos informations, des discussions avec des sociétés africaines, européennes et américaines sont en cours, mais à un stade préliminaire. Quant à l’accord entre Européens et Chinois sur le consortium commun, « il pourrait intervenir en février », croit savoir notre interlocuteur.

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