Politique

Centrafrique : François Bozizé « heureux » après avoir enfin rencontré Faustin-Archange Touadéra

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Mis à jour le 07 février 2020 à 17h12
François Bozizé et Faustin-Archange Touadéra à Bangui, le 21 janvier 2020.

François Bozizé et Faustin-Archange Touadéra à Bangui, le 21 janvier 2020. © DR

L’ancien président François Bozizé a été reçu par l’actuel chef de l’État Faustin-Archange Touadéra après plusieurs semaines d’attente. Une rencontre courte et discrète qui marque une reprise de dialogue entre les deux hommes.

Après plusieurs semaines d’attente, l’ancien président centrafricain, François Bozizé, a rencontré son successeur Faustin-Archange Touadéra (FAT), ce mardi en fin d’après-midi.

Depuis son discret retour à Bangui, le 15 décembre, l’ex-chef de l’État demandait à être reçu par FAT mais, selon nous sources, ce dernier rechignait à céder à certaines demandes de Bozizé : que la présidence garantisse sa sécurité et que des observateurs centrafricains et étrangers assistent à l’entretien.

Ce sont finalement des émissaires de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique de l’Afrique centrale (Ceeac) qui ont réussi à dénouer la situation : « Ils ont convaincu Bozizé d’accepter d’être reçu à la présidence même si FAT n’avait pas cédé à ses exigences », a confié à Jeune Afrique un proche de l’ancien président centrafricain. Dans le palais, un important dispositif sécuritaire était visible.

Reprise de dialogue

« Bozizé voulait faire le buzz, mais il n’a pas eu ce qu’il voulait. Pour nous, le plus important est qu’il ait pu être reçu par la présidence selon les conditions que celle-ci souhaitait », déclare fièrement un proche conseiller du président Touadéra.

La rencontre, qui n’a duré que moins d’une heure, n’en reste pas moins marquante. « Ce qui est important pour la suite, c’est la reprise du dialogue entre les deux hommes, résume à Jeune Afrique Christian Guenebem, porte-parole du Kwa Na Kwa (KNK). François Bozizé s’estime heureux que cette rencontre ait eu lieu. Cela a permis de décrisper le climat politique depuis son retour », poursuit-il, soulignant que l’ancien président attend désormais la validation de la liste des gardes qui seront affectés à sa sécurité.

Si l’ex-chef de l’État est arrivé au palais accompagné d’une grande délégation – dont son secrétaire général Bertin Béa, ses conseillers Bernard Bonda et Séverin Faimindi ainsi que des ambassadeurs de l’Union africaine, de la Ceeac -, personne n’a pu accéder à la rencontre entre les deux hommes. La présidence centrafricaine, qui a interdit aux médias d’assister aux discussions, n’a pas donné plus de détails, annonçant l’entrevue dans un communiqué laconique.

L’ancien président s’est toutefois présenté devant son successeur avec un dossier dans lequel se trouvait la liste des « éléments de sa garde rapprochée » ainsi qu’une « lettre à l’attention de FAT », a précisé à Jeune Afrique Christian Guenebem. Dans cette lettre, l’ancien chef d’État se plaignait auprès de son successeur du « traitement anti-patriotique » dont il a fait l’objet. « J’ai l’impression d’être considéré comme persona non grata dans mon propre pays », ajoutait-il, avant de conclure : « Je n’ai jamais rien fait d’autre que d’œuvrer pour que nos compatriotes retrouvent la paix véritable ».

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