Politique

Jean-Yves Le Drian à Alger pour relancer la relation entre la France et l’Algérie

Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, le 19 décembre 2019.

Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, le 19 décembre 2019. © Toufik Doudou/AP/SIPA

Après une année d’incertitude, l’Algérie apparaît désormais comme un partenaire clé de Paris dans les crises régionales en Libye et au Sahel, comme en témoigne la visite du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian à Alger.

Jean-Yves Le Drian y a eu une série d’entretiens avec les nouveaux dirigeants algériens : son homologue Sabri Boukadoum, le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le président Abdelmadjid Tebboune.

Suite à la visite de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, fin janvier 2019, il est le deuxième ministre français à se rendre en Algérie, depuis qu’y a éclaté il y a près d’un an un mouvement (« Hirak ») inédit de contestation du régime.

Depuis, l’Algérie s’est doté d’un nouveau gouvernement à la suite de l’élection présidentielle du 12 décembre – massivement rejetée par le Hirak – qui a conduit Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’État.

Paris veut travailler avec le nouveau gouvernement algérien

Paris, dont les relations sont traditionnellement complexes avec son ancienne colonie, en a pris acte : « l’élection présidentielle a eu lieu. Il y a désormais un nouveau gouvernement avec lequel la France veut travailler », a affirmé le ministre des Affaires étrangères français.

« Le président Tebboune a manifesté une ambition pour l’Algérie, celle de la réformer en profondeur, pour renforcer la gouvernance, l’État de droit et les libertés, également pour relancer et diversifier l’économie conformément aux aspirations exprimées par les Algériens depuis un an », a-t-il observé devant la presse.

« Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à conduire l’Algérie dans un esprit de dialogue, afin que tous les Algériens puissent s’exprimer sur ces réformes. Nous souhaitons qu’il réussisse dans cette mission », conclut-il.

Selon un communiqué de la présidence algérienne, le président algérien a demandé à son hôte français de transmettre au président français Emmanuel Macron un message, dont la teneur n’a pas été révélée.

Gestion de la crise régionale

Le déplacement du ministre Le Drian à Alger s’est aussi inscrit dans le cadre des efforts internationaux déployés pour résoudre les crises régionales en Libye et au Sahel. Il survient deux jours après un sommet international à Berlin où les principaux pays concernés par le conflit en Libye ont promis de respecter un embargo sur les armes et de ne plus interférer dans ses affaires intérieures, afin de tenter de ramener la paix dans ce pays déchiré par la guerre civile.

Face à ces défis majeurs, la France et l’Algérie ont une convergence de vues

Le président Tebboune, invité à Berlin, a proposé d’accueillir désormais un « dialogue » entre toutes les parties libyennes. « Nous étions ensemble à Berlin, avant-hier, sur le conflit libyen et nous allons coordonner nos efforts, au-delà même de la mise en place d’un cessez-le-feu durable, pour recréer du dialogue politique, et nous allons agir ensemble pour que les efforts que nous avons initiés à Berlin puissent se poursuivre », a assuré Jean-Yves Le Drian à l’issue de sa rencontre avec son homologue algérien.

« Nous allons également faire le point sur la situation au Sahel et rappeler nos objectifs communs de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Face à ces défis majeurs, la France et l’Algérie ont une convergence de vues, et notre concertation est primordiale », a-t-il précisé.

Alger, inquiète des risques d’instabilité sur son flanc sud, a servi de médiateur en 2014-2015 entre le gouvernement de Bamako et des groupes rebelles armés du nord du Mali.

« L’Algérie est une puissance d’équilibre et de paix, fermement attachée au respect de la souveraineté des États et au dialogue politique. Elle l’a rappelé récemment en lançant plusieurs initiatives diplomatiques », s’est félicité le locataire du Quai.

Alger de retour sur la scène diplomatique

Soucieuse de rester à égale distance des deux camps en guerre en Libye et hostile à toute ingérence étrangère, l’Algérie, qui partage près de 1 000 kilomètres de frontière avec la Libye, multiplie les consultations pour tenter de contribuer à une solution politique.

Après le Premier ministre italien Giuseppe Conte et les chefs de la diplomatie turque, égyptienne et italienne, le président turc Recep Tayyip Erdogan est attendu dimanche à Alger pour une visite de deux jours.

Sur le plan bilatéral, la partie algérienne a réclamé à Paris « davantage de souplesse et de flexibilité » dans le dossier de « la mobilité des personnes entre l’Algérie et la France », en référence à la question épineuse de l’octroi des visas.

Pour l’année 2019, le nombre des visas octroyés par la France est en baisse de 7,5 % (272 054 contre 293 926 en 2018), mais le taux de délivrance est en hausse (54 % en 2019 contre 51 % l’année précédente), selon le consul général de France à Alger.

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