Diplomatie

Libye : la conférence de Berlin débouche sur des déclarations d’intention

Le sommet de Berlin a réuni dimanche 19 janvier des délégations de onze Etats et de quatre organisations internationales.

Le sommet de Berlin a réuni dimanche 19 janvier des délégations de onze Etats et de quatre organisations internationales. © Sean Gallup/Getty Images

Plusieurs fois reportée depuis octobre, la conférence de Berlin sur la paix en Libye a finalement eu lieu ce dimanche 19 janvier. Alors que l’escalade militaire a pris une nouvelle ampleur ces dernières semaines, les résultats affichés paraissent maigres.

Les attentes n’étaient pas exagérées, elles n’ont donc pas été déçues. La conférence de Berlin consacrée à la Libye, organisée le 19 janvier, n’aura pas permis de rassembler les deux principaux protagonistes du conflit que sont Fayez al-Sarraj (chef du gouvernement d’accord national, GNA) et Khalifa Haftar (leader de l’Armée nationale libyenne, ALN), lesquels avaient déjà refusé de se croiser à Moscou quelques jours auparavant, lors d’une tentative avortée de signature d’un cessez-le-feu.

À Berlin, les États et les institutions invités ont demandé dans le communiqué final « aux parties de redoubler d’efforts pour la suspension des hostilités, la désescalade et un cessez-le-feu permanent ». Un vœu pieux, alors que de nombreuses violations du cessez-le-feu ont déjà eu lieu. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a en tout cas souligné qu’« il n’y a toujours pas de dialogue sérieux entre les belligérants ».

Violation de l’embargo sur les armes

L’accord de cessez-le-feu, pas plus qu’à Moscou, n’a été signé à Berlin par les différents protagonistes. Le communiqué final appelle toutefois l’ONU à mettre en place un comité chargé de faciliter les négociations sur le cessez-le-feu et de contrôler son application.

D’abord prévue en octobre, la conférence de Berlin avait initialement pour objet principal de faire cesser les livraisons d’armes à destination des différentes factions libyennes, en violation de l’embargo sur les armes décidé par l’ONU en 2011. Les Émirats arabes unis – en faveur de l’ALN – et la Turquie – en faveur du GNA – en particulier sont impliqués sur le terrain libyen, notamment via la fourniture de drones.

Les participants à la conférence de Berlin, sans désigner nommément les États qui violent l’embargo sur les armes, se sont engagés à respecter et à appliquer ce dernier. Le Groupe d’experts de l’ONU sur la Libye est encouragé à documenter et rapporter les manquements au respect de cette mesure.

Combattants étrangers à Tripoli

Sur la question des mercenaires combattant pour l’un ou l’autre camp, le président français Emmanuel Macron a fait part de sa « vive inquiétude (…) sur l’arrivée de combattants syriens et étrangers dans la ville de Tripoli », acheminés par la Turquie pour défendre la capitale libyenne. Mais là encore, le communiqué final se contente d’une formule générale, appelant à la fin des « mouvements militaires en soutien direct des parties en conflit ». Le texte sera soumis comme résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, selon l’émissaire de l’ONU en Libye Ghassan Salamé.

La conférence de Berlin a rassemblé les présidents Abdelmadjid Tebboune (Algérie), Abdel Fattah al-Sissi (Égypte), Emmanuel Macron (France), Vladimir Poutine (Russie), Recep Tayyip Erdogan (Turquie), Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville), les Premiers ministres Giuseppe Conte (Italie) et Boris Johnson (Royaume-Uni), le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdallah Ben Zayed Al Nahyane, et bien sûr la chancelière allemande Angela Merkel, hôte de l’événement.

La Chine et les États-Unis ont pour leur part envoyé des représentants. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat, le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit et le représentant de l’Union européenne aux affaires étrangères Joseph Borell ont également participé à l’événement.

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