Cinéma

[Tribune] Festival de Cannes : Spike Lee, un choix audacieux ou « politiquement correct » ?

Le réalisateur Spike Lee, au Festival de film de Berlin,  le 16 février 2016

Le réalisateur Spike Lee, au Festival de film de Berlin, le 16 février 2016 © Axel Schmidt/AP/SIPA

Le Festival de Cannes a frappé un grand coup en désignant le réalisateur américain Spike Lee comme prochain président du jury. Il sera ainsi le premier Noir à occuper cette fonction. Une première dont il faut se féliciter, mais qui vient bien tard et qui paraît quelque peu opportuniste. À moins que Spike Lee ne fournisse la preuve du contraire.

La direction du festival de Cannes a annoncé à la mi-janvier que le prochain président du jury de la plus grande manifestation cinématographique mondiale serait le célèbre réalisateur Spike Lee. L’information a vite fait le tour du monde et la grande majorité des commentateurs ont salué cette grande première : aucun cinéaste afro-américain et, plus encore, aucun cinéaste noir n’avait en effet jamais occupé cette prestigieuse fonction.

Une nomination sans précédent d’autant plus remarquée, et un choix considéré comme d’autant plus audacieux, que Spike Lee n’est pas n’importe quel artiste appartenant à ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui une minorité. Militant revendiqué de la « cause noire » aux États-Unis, auteur de très nombreux films consacrés au conflit racial qui empoisonne la société américaine, de Do the right thing à Malcolm X, il n’est pas seulement un auteur engagé, ce que tout le monde respecte, mais aussi un spécialiste de la contestation radicale voire, disent ses nombreux critiques, un provocateur.

Souvent en colère, il ne déteste pas, il est vrai, choquer les « bien-pensants » et alimenter la polémique en défendant ses convictions bien arrêtées. Pour ne citer que ses « sorties » les plus saillantes envers d’autres cinéastes consacrés, il s’est attaqué en 2008 à Clint Eastwood, qu’il considérait illégitime pour s’intéresser à l’histoire de la communauté noire avec son long métrage Bird évoquant la vie du jazzman Charlie Parker, puis en 2012 à Quentin Tarantino, auquel il reprochait lors de la sortie de Django Unchained d’être « irrespectueux » envers « ses ancêtres » (car « l’esclavage en Amérique n’est pas un western spaghetti ») et d’utiliser excessivement le terme « nigger » dans nombre de ses films.

Cet article est réservé aux abonnés

Déjà abonné ?

Accédez en illimité à Jeune Afrique Digital
Accès à tout le site web - 2 applis - 1 édition digitale - 2 newsletters

(sans engagement, résiliez à tout moment)

(payez en une fois et profitez de 2 mois offerts !)

1 minute suffit pour vous abonner à Jeune Afrique Digital !

  • + d'analyses
  • + d'informations exclusives
  • + de débats
  • + d'historique (2 ans d'archives)
  • + d'avant-première (accès 24h avant la publication)
  • + de formats (site web, 2 applis, 1 magazine digital, 2 newsletters)

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte