Diplomatie

Sommet de Berlin sur la Libye : éviter une « deuxième Syrie »

Un véhicule endommagé dans la région de Tajoura, à l'est de la capitale Tripoli, en juin 2019.

Un véhicule endommagé dans la région de Tajoura, à l'est de la capitale Tripoli, en juin 2019. © AP Photo/Hamza Turkia

Sous l’égide de l’ONU, le sommet de ce dimanche réunit les dirigeants des principaux pays impliqués dans le conflit, excepté la Tunisie, qui se donnent pour objectif de relancer le processus de paix, en faisant notamment respecter l’embargo sur les livraisons d’armes.

L’objectif numéro un de ce sommet sous l’égide de l’ONU, qui s’ouvre en début d’après-midi et doit se terminer tard dans la soirée, est de mettre fin aux ingérences étrangères multiples dans cet État où les affrontements se nourrissent d’appétits autour de ses importantes réserves de pétrole, de rivalités politiques régionales et de jeux d’influence.

Un engagement à respecter l’embargo sur les livraisons d’armes, décrété en 2011 mais largement resté lettre morte, est en particulier attendu, selon le projet d’accord final.

Un appel à un arrêt « total » et durable des hostilités sur le terrain doit aussi être lancé, tandis que le débat sur l’éventuel envoi sur place d’une force internationale pour en vérifier la réalité gagne du terrain.

« Nous considérons le sommet de Berlin comme une étape importante pour consolider le cessez-le-feu et aller vers une solution politique », a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan à son départ d’Istanbul.

Conflit régional

Entre la récente arrivée sur le terrain de militaires turcs, la présence soupçonnée de mercenaires russes et l’afflux continu d’armes livrées par plusieurs Etats, la communauté internationale craint de voir le conflit dégénérer dans ce pays plongé dans le chaos depuis 2011.

« Il s’agit d’un conflit régional qui s’étend et qui ressemble de plus en plus à (celui qui ravage) la Syrie », a estimé samedi soir un haut responsable du Département d’État américain sous le couvert de l’anonymat.

Les deux principaux protagonistes de la crise en Libye, Fayez al-Sarraj, le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et soutenu par la Turquie, et Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, qui bénéficie notamment de l’appui russe, seront présents dans la capitale allemande. Mais ils ne devraient pas siéger à la même table.

Les forces du maréchal Haftar ont paru vouloir envoyer un message à la conférence de Berlin en bloquant samedi les principaux terminaux pétroliers de l’est du territoire libyen. Une manière pour elles de protester contre l’intervention turque.

Les dirigeants russe et turc, qui jouent aujourd’hui un rôle central en Libye, retrouvent notamment dimanche les dirigeants égyptien, allemand, français, italien et allemand.

La réunion a toutefois déjà fait plusieurs mécontents : le Maroc et la Grèce, qui n’ont pas été invités, mais aussi la Tunisie qui a décliné une invitation jugée trop tardive. L’Algérie sera en revanche représentée.

Cessez-le-feu du 12 janvier

Sur le terrain, l’ONU espère également pendant cette conférence renforcer le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 janvier, à l’initiative de la Russie et la Turquie.

Jusqu’ici, la trêve a été plus ou moins respectée entre les deux camps rivaux aux portes de la capitale, mais elle reste fragile : le maréchal Haftar a jusqu’ici refusé de signer un accord en bonne et due forme de cessation des hostilités, contrairement à Fayez al-Sarraj.

Après s’être emparé de l’est et d’une grande partie du sud de la Libye, Khalifa Haftar est parti à la conquête du centre du pouvoir à Tripoli, tablant sur une victoire éclair. Mais il fait face depuis début avril à une résistance farouche.

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