Télécoms

Au large de la RDC, deux câbles sous-marins coupés dégradent le réseau sur le continent

D’après Netblocks, la panne aurait grignoté 26 % des capacités du réseau camerounais au plus fort de la crise. (photo d'illustration)

D’après Netblocks, la panne aurait grignoté 26 % des capacités du réseau camerounais au plus fort de la crise. (photo d'illustration) © Thomas Jensen/Unsplash (CC)

Une « coupure franche » survenue à 300 kilomètres des côtes congolaises sur les deux câbles sous-marins de fibre optique WACS et SAT3 interrompt ou dégrade le réseau internet depuis jeudi matin dans une dizaine de pays d’Afrique.

Deux coupures intervenues dans la matinée du 16 janvier sur les câbles de fibre optique sous-marins West African Communication System (WACS), reliant 14 pays d’Afrique de l’Ouest et South Africa Transit 3 (SAT3) qui connecte 12 pays de la région, ont interrompu ou dégradé le trafic internet dans 10 pays du continent. La raison de ces ruptures survenues à 300 kilomètres au large de la République démocratique du Congo (RDC) est encore inconnue.

L’information a été confirmée par Jean-Luc Vuillemin, directeur réseaux et services internationaux d’Orange, contacté par Jeune Afrique. 

La branche Orange Marine, spécialisée dans la pose et la maintenance de câbles sous-marins est chargée d’assurer les réparations. « Il nous faudra environ six jours pour nous rendre sur place et environ autant pour tout réparer », indique Jean-Luc Vuillemin en référence au « Léon Thévenin », le navire câblier missionné pour l’opération et qui fait le voyage depuis Le Cap, en Afrique du Sud.

MTN, principal opérateur concerné

De son côté, l’ONG Netblocks, qui surveille l’état de la connexion internet dans le monde, indique que l’Angola, le Botswana, le Gabon, la Gambie, le Mali, la Mauritanie, la Namibie, le Niger, la Zambie et le Zimbabwe ont été plus ou moins gravement concernés par la panne.

Au Congo-Brazzaville, au Nigeria, au Ghana et en Côte d’Ivoire, MTN, qui possède 11 % du WACS, a confirmé « rencontrer des problèmes affectant la connectivité due à la coupure du WACS ». 

La RDC et le Cameroun parmi les pays les plus touchés

Tributaire du WACS et de l’ACE, qui relient ses sept millions d’internautes au réseau mondial, la RDC fait partie des pays qui ont le plus souffert de l’épisode malheureux. Le trafic a repris graduellement en fin de journée, jeudi, suite à des travaux de connexion au tronçon angolais du WACS.

Les différents câbles sous-marins de fibre optique qui connectent le continent au reste du monde.

Les différents câbles sous-marins de fibre optique qui connectent le continent au reste du monde. © Shuttleworth Foundation

Le Cameroun, dont le réseau est théoriquement plus résilient grâce à la présence du câble SAT3, fait également partie des victimes. D’après Netblocks, la panne aurait grignoté 26 % des capacités de son réseau au plus fort de la crise.

Au Sénégal, « l’’incident est sans aucun impact pour le trafic de la Sonatel. Le Sénégal étant sur le segment nord de SAT3 (entre le Ghana et le Portugal) et il n’y aura pas de ralentissement grâce à ces investissements importants sur les câbles sous-marins », assure à Jeune Afrique Abdoul Ly, directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes.

[Erratum : une première version de cet article indiquait par erreur que les coupures avaient eu lieu au large du Cameroun. Cette information a été relayée par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications de la République démocratique du Congo (ARPTC) mais s’est avérée inexacte après vérification. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs.]

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