Économie

Algérie : malgré son contrat avec Serport, l’USMA, le club d’Ali Haddad reste financièrement précaire

Réservé aux abonnés | | Par
Ali Haddad, PDG de l’Entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiments (ETRHB), à Alger, le 10 mars 2016.

Ali Haddad, PDG de l’Entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiments (ETRHB), à Alger, le 10 mars 2016. © Romain Laurendeau pour JA

Les ennuis judiciaires d’Ali Haddad, ancien patron des patrons algériens, font toujours peser d’importantes répercussions économiques sur le club de football de l’Union sportive de la médina d’Alger (USMA). L’arrivée d’un sponsor majeur, Serport, soulage la formation algéroise, mais tout n’est pas réglé.

La situation politique algérienne mouvementée depuis près d’un an emporte des répercussions, y compris au niveau des activités sportives. L’USMA en est l’un des exemples les plus significatifs. Champion d’Algérie de football en 2019, le club est devenu depuis la propriété du groupe privé de travaux publics ETRHB Haddad. L’arrestation de son fondateur, Ali Haddad, en mars 2019, avait entraîné le blocage des comptes bancaires des Rouge et Noir. ETRHB détient 92 % des actions, alors qu’Ali Haddad est emprisonné.

Un groupe pétrolier algérien, Al Hayat Petroleum, souhaitait même racheter le club sportif. Mais les lenteurs de la justice algérienne avaient fini par décourager le potentiel repreneur.

Un contrat avec Serport pour « calmer les inquiétudes »

C’était sans compter l’influence des supporters USMistes, très impliqués dans le « Hirak », le « mouvement » populaire de contestation du régime né en février 2019 et qui a arraché deux mois plus tard la démission du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis vingt ans. Craignant pour l’avenir du club, où les salaires des joueurs et des employés sont versés avec un fort retard, les supporters avaient manifesté leur mécontentement. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Raouf Salim Bernaoui, a reçu, fin octobre 2019, une délégation conduite par Boualem Chendri, le président du conseil d’administration du club, accompagné de représentants des groupes de supporters et d’anciens joueurs emblématiques de l’USMA.

Quelques jours après cette rencontre, un contre de sponsoring a été signe avec le groupe de services portuaires Serport. « Ce contrat a été clairement initié par l’État, avant l’élection présidentielle de décembre, afin de calmer la colères des fans et les inquiétudes des salariés du club, avance une source proche de l’USMA. L’État, dans la situation actuelle du pays, ne peut pas se permettre de laisser mourir un club. De nombreux supporters pensent que les comptes de l’USMA ont été bloqués en représailles face à Ali Haddad, un proche du président Bouteflika ».

La signature de ce contrat de sponsoring, d’une durée de deux ans, selon nos informations, se révèle cruciale pour le club. Le montant de ce partenariat est estimé à 1 million d’euros par an. La justice a récemment autorisé le déblocage des comptes bancaires de l’USMA, crédités d’environ 280 000 €. Une somme qui servira à payer une partie des salaires et à régler des factures en souffrance. Le premier versement de la Serport a permis, lui, de régler en partie les arriérés de salaires sur quatre à sept mois. La masse salariale mensuelle du club se monte environ à 240 000 €. Aujourd’hui, d’après plusieurs sources que nous avons contactées, la volonté des dirigeants est que l’USMA soit rachetée par une entreprise, publique ou privée.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3092_600x855 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte