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Football – CAN 2021 : sous pression de la CAF, le Cameroun tiendra-t-il les délais ?

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Mis à jour le 06 février 2020 à 18h35
Le stade Paul-Biya d’Olembé, au Cameroun.

Le stade Paul-Biya d’Olembé, au Cameroun. © Adrienne Surprenant/collectif item pour JA

La capacité du Cameroun à accueillir la Coupe d’Afrique des nations en 2021 suscite toujours des interrogations. Une délégation de la Confédération africaine de football (CAF) est arrivée à Yaoundé lundi pour évaluer la situation.

Les autorités camerounaises vont devoir mettre les bouchées doubles, en ce début d’année, pour pouvoir livrer dans les temps les sites nécessaires à l’organisation de la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations. Cette dernière aura en effet probablement lieu en janvier et février 2021, plutôt qu’en juin et juillet habituellement.

Une délégation de la CAF, conduite par son président Ahmad Ahmad, est arrivée à Yaoundé ce lundi. Elle y restera jusqu’à jeudi 16 janvier au matin, au lendemain d’une réunion avec les autorités camerounaises, à l’issue de laquelle les dates de la phase finale seront dévoilées.

La FIFA a en effet entériné, le 24 octobre dernier, une nouvelle formule de la Coupe du monde des clubs, qui se déroulera désormais du 17 juin au 4 juillet, au lieu du mois de décembre. Pour la CAF, organiser la CAN dans la foulée de cette compétition semble irréalisable. Une réunion avec les autorités camerounaises est prévue mercredi, à l’issue de laquelle les dates de la phase finale seront communiquées.

Retards et craintes sécuritaires

Ce très probable changement de calendrier va obliger le Cameroun à mettre les bouchées doubles, afin de livrer les sites retenus pour la CAN au plus tard en juin ou juillet. Les autorités camerounaises, qui avaient dénoncé la décision de la CAF de retirer au Cameroun l’organisation de la CAN 2019, ont assuré à plusieurs reprises que le pays serait prêt fin 2019.

Pourtant, plusieurs chantiers ont pris du retard. Ainsi, à Garoua, les travaux avancent lentement sur certaines des structures hôtelières et des terrains d’entraînement prévus. À Yaoundé, sur le site du Stade Paul-Biya (60 000 places), les ouvriers ont fait la grève pour réclamer des salaires impayés. S’ils ont repris récemment le travail, beaucoup reste encore à faire. À Bafoussam, les principales interrogations concernent l’avancée de la réfection des voiries.

« Il est clair que ces différents retards interpellent. D’autant plus que si la CAN a lieu en janvier et février, comme cela semble de plus en plus probable. Il faudra que les travaux soient terminés plus rapidement que si elle avait eu lieu en juin », s’inquiète un dirigeant d’une fédération africaine de football, sous couvert d’anonymat. « Le Cameroun a intérêt à ne pas manquer l’organisation du CHAN (4-25 avril). Ce sera un test important », prévient-il.

La CAF est également attentive aux questions sécuritaires. Dans le Nord, avec la menace que constitue Boko Haram, et dans les régions anglophones de l’ouest du pays, où les tensions restent vives. Si la situation est calme à Limbe, elle l’est moins à Buéa, où des sites d’entraînement sont prévus.

La Fécafoot se veut rassurante

Seidou Mbombo Njoya, le nouveau président de la Fédération camerounaise de football.

Seidou Mbombo Njoya, le nouveau président de la Fédération camerounaise de football. © Facebook/Fécafoot

« Je ne comprends pas toute cette agitation autour de la CAN 2021. Je veux vous assurer que tout sera prêt pour que la compétition se dispute au Cameroun, comme prévu. Il n’y a aucune inquiétude à avoir », assure pour sa part à Jeune Afrique Seidou Mbombo Njoya, le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Pour le dirigeant camerounais, « la question n’est pas de savoir où le tournoi aura lieu, mais à quelles dates. C’est le but de la présence d’une délégation de la CAF à Yaoundé ».

S’il veut recevoir le feu vert de la CAF – qui ne lui fera aucun cadeau – pour accueillir la CAN pour la deuxième fois de son histoire après celle de 1972, le Cameroun va devoir achever tous les travaux à temps. Les sites devront être livrés d’ici au mois de juin.

Si les responsables de la fédération camerounaise se montrent rassurants, l’hypothèse d’un plan B n’est aujourd’hui pas écartée. Après l’Algérie, c’est aujourd’hui le Gabon – qui a accueilli la CAN 2017 et celle de 2012, conjointement avec la Guinée équatoriale – qui est évoqué.

Adel Hajji, vice-président du secteur médiatique de la  CAF, a récemment affirmé, lors d’une émission sur la télévision algérienne, que des discussions avec Libreville ont été entamées au cas où le Cameroun ne soit pas en mesure de répondre au cahier des charges.

Une information confirmée à Jeune Afrique par un ancien joueur gabonais, bien introduit dans les instances du football de son pays. « Il y a eu des discussions, certes informelles, entre la CAF et le Gabon. Mais elles ont bien eu lieu. »

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