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La faillite des supermarchés Nakumatt ébranle la place financière de Nairobi

Nakumatt Junction, Nairobi

Nakumatt Junction, Nairobi © TheFutureIsUnwritten CC

Les bailleurs de la chaîne de supermarchés Nakumatt, en difficulté depuis trois ans, viennent de décider de la liquidation de l’entreprise. Les investissements à fournir ont paru trop importants et l’équilibre financier difficile à atteindre.

Le célèbre distributeur kényan Nakumatt va définitivement fermer ses portes. Ses créanciers ont donné leur feu vert, mardi 7 janvier, à la liquidation de la société. En jeu : les quelque 38 milliards de shillings kényans (337 millions d’euros) d’une dette qui leur a semblé impossible à surmonter.

Parmi les créanciers de la chaîne de supermarché, on retrouve la Kenya Commercial Bank (KCB),  Standard Chartered Bank et Diamond Trust Bank, qui se sont réunis autour de Peter Kahi, administrateur désigné en 2018, ainsi que les principaux fournisseurs et bailleurs de l’entreprise.

92 % des votants se sont prononcés en faveur de la liquidation. Même s’ils ne récupéreront que seuls 46 % de leurs investissements, sous forme de remboursement fiscal.

La Cour de justice kényane doit décider le 17 janvier de mettre, ou non, officiellement fin à l’aventure de cette chaîne de supermarchés vieille de plus de 30 ans.

Too big to fail

« Ce n’est pas étonnant et je suis très déçu pour les investisseurs en billets de trésorerie [un titre de créance à court terme non sécurisé] auxquels ont souscrits de nombreux créanciers de Nakumatt », reconnaît Amish Gupta, l’un des banquiers d’affaires les plus célèbres de la place kényane interrogé par Jeune Afrique. En tant que professionnel de l’investissement, il regrette qu’un tel événement rejaillisse sur la crédibilité financière des entreprises kényanes.

En difficultés financières depuis 2017, les 60 magasins de l’enseigne ont peu à peu fermé. Amish Gupta, par ailleurs vice-président de l’association kényane des courtiers en valeurs mobilières et des banques d’investissement, constate que plusieurs entreprises kényanes fonctionnent sur un modèle monopolistique sans véritable réglementation de ces « to big to fail ».

Ces entreprises dont l’ampleur attire la confiance en leur survie économie, bénéficient d’une législation non restrictive sur leur gestion des dettes. Par exemple, le Kenya ne s’est doté d’une loi obligeant les compagnies à payer leurs fournisseurs dans les 90 jours que l’année dernière.

Revoir la réglementation

« C’est un échec de plus pour les instruments du marché financier ou les dettes non sécurisées », admet Amish Gupta, « nous avons besoin de réinventer notre régulation sur les billets de trésorerie non sécurisés dans notre marché des capitaux publics. Pas seulement au Kenya mais en Afrique. »

De la réussite commerciale kényane, il ne reste aujourd’hui que six magasins. Les autres enseignes locales telles Tuskys, Chandarana et Quickmart se sont battues les restes du futur ex-Nakumatt mais c’est finalement Naivas qui a remporté l’enchère, au prix de 422,5 millions de shillings kényans (3,7 millions d’euros).

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