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Maroc – Bourse : pourquoi la place de Casablanca veut croire en 2020

Réservé aux abonnés | | Par - à Casablanca
Mis à jour le 08 janvier 2020 à 17h16
Salle des marchés de la Banque Populaire de Casablanca au Maroc

Salle des marchés de la Banque Populaire de Casablanca au Maroc © Guillaume Mollé pour JA

Après avoir bouclé l’année 2019 sur une franche progression, la Bourse de Casablanca a entamé une année 2020 sous de bons auspices, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation de l’Autorité marocaine du marché des capitaux et des taux bas.

La Bourse de Casablanca a clôturé l’année 2019 dans une meilleure posture que ce que les observateurs attendaient. Le Moroccan All Shares Index (Masi) a fini l’exercice avec une progression de 7,11 %, contre une baisse de 8,27 % enregistrée en 2018.

Évolution du cours du Masi en 2019.

Évolution du cours du Masi en 2019. © Investing (cliquez sur le graphique pour l’afficher en grand)

Malgré un début d’année poussif, le marché s’est emballé sur les deux derniers mois. Cette performance finale n’est pas réellement représentative de ce qui s’est passé pendant toute l’année, qui avait commencé avec plusieurs profit-warnings.

« En 2019, la baisse des taux sur le marché obligataire qui a fait réagir les investisseurs, qui se sont dirigés par la suite vers le marché des actions, réputé plus risqué”, explique à Jeune Afrique Farid Mezouar, directeur de FL Markets, une plateforme d’analyse marocaine.

Des volumes en hausse, mais…

Le volume global traité sur les douze mois de l’année 2019 a dépassé les 75 milliards de dirhams, en progression de 43 % en comparaison avec l’année précédente. « C’est toujours bien d’avoir un niveau de volume important, mais ce chiffre doit être vu d’un autre angle. Le marché de bloc (de gré à gré) a généré plus de 35 % du volume global. Autrement dit, le plus gros des affaires s’est fait à l’abri des regards », nous signale un analyste qui a préféré garder l’anonymat.

l’opération sur Maroc Telecom a réveillé le marché

L’année 2019 a profité de l’opération Maroc Telecom, l’État ayant poursuivi son désengagement en cédant sur le marché 8 % du capital de l’opérateur historique au mois de juin. Un volume d’affaires de près de 9 milliards de dirhams a été enregistré pendant cette opération : « le MASI a rebondi depuis la mi-juin avec plus de 10 %, à juste titre. En effet, l’opération sur Maroc Telecom a réveillé le marché », se rappelle Farid Mezouar.

Sur le marché central (public), et pour une nouvelle année, c’est Attijariwafa Bank qui a été la plus active avec près de 7 milliards de dirhams de volumes échangés. Maroc Telecom, avec 5,42 milliards de dirhams de transactions, est deuxième sur les 75 sociétés cotées à la Bourse de Casablanca.

Une nouvelle réglementation boursière pour 2020

Concernant les secteurs les plus appréciés par les investisseurs on cite celui des logiciels et systèmes informatiques, qui a progressé de 35 % en une année, suivi du secteur de la distribution qui grâce à Label’vie a réussi à avancer de 24 % sur l’ensemble de l’année.

Pour 2020, la Bourse de Casablanca et ses dirigeants promettent une meilleure année encore. La place financière a adopté un nouveau règlement général, qui fixe de nouvelles obligations de communication financière pour les sociétés cotées et qui entre en vigueur cette année. Avec la généralisation des indicateurs d’activité sur une fréquence trimestrielle, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) espère diminuer le temps d’attente entre les différentes publications, réduire l’effet de surprise des annonces, et ainsi atténuer les profit-warnings qui se multiplient ces dernières années.

Cela va être légèrement difficile à mettre en place pour l’ensemble de la cote

Le gendarme de la bourse a aussi imposé aux entreprises cotées un canevas à respecter pour que les investisseurs puissent se baser sur les même indicateurs et les mêmes éléments d’informations. Les entreprises sont donc désormais obligées de commenter les bonnes mais aussi les mauvaises nouvelles : « le plus gros du travail sera effectué au sein des entreprises, qui doivent s’organiser pour être honorer leurs engagements. Cela va être légèrement difficile à mettre en place pour l’ensemble de la cote », appréhende toutefois notre analyste.

Perspectives favorables pour 2020

« En 2020, les taux bas devraient persister, ce qui est favorable au marché actions. De plus, les effets positifs de la nouvelle communication financière (indicateurs trimestriels, document de référence) seront progressivement pris en compte. Ainsi, une nouvelle année positive est logiquement attendue », espère Farid Mezouar.

La Bourse elle-même entreprend des réformes : d’ici quelques mois, la place financière marocaine permettra aux investisseurs d’échanger les titres d’entreprises non cotées.

« Nous avons simplifié la structure du marché et détenons maintenant deux marchés, au lieu de trois compartiments. Un marché principal réservé aux grandes entreprises et un autre consacré aux PME, qui est une nouveauté très attendue. Dans ce dernier, les entreprises bénéficieront de règles assouplies, notamment concernant les rapports financiers », nous expliquait au mois d’octobre dernier Karim Hajji, le directeur général de la Bourse de Casablanca.

L’autre nouveauté attendue fortement par le marché, c’est la cotation possible des organisme de placements collectif en valeurs mobilières (OPCVM). Ceci doit se faire prochainement et permettra de voir pour la première fois au Maroc le lancement des ETF. Mais cette étape nécessite encore un amendement de la loi qui régit les OPCVM.

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