Innovation

Motema, la tablette qui se veut « made in RDC » et prend en compte les réalités des Congolais

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L'ingénieur congolais Dieudonné Kayembe à l'origine de la tablette Motema

L'ingénieur congolais Dieudonné Kayembe à l'origine de la tablette Motema © DR

L’ingénieur congolais Dieudonné Kayembe Kabukula est à l’initiative de Motema, une tablette susceptible de répondre à de nombreuses préoccupations de la population, au premier rang desquelles l’éducation. Son objectif est désormais de commercialiser son outil à travers le continent. Interview. 

Numériser le système éducatif congolais en vue d’en faire un outil didactique. C’est l’idée de l’ingénieur Dieudonné Kayembe Kabukula, directeur de la start-up FlechTech, qui a reçu le prix de l’innovation du ministère de l’Industrie pour sa tablette Motema (qui signifie « cœur », en langue nationale lingala).

Pédagogique et inédite, elle permet par exemple d’offrir le programme scolaire aux Congolais dans un pays où environ 3,5 millions d’enfants en âge de fréquenter le primaire ne sont pas scolarisés, selon les chiffres du Partenariat mondial de l’éducation (PME). L’objectif de l’ingénieur est désormais de commercialiser son outil à travers l’ensemble du continent.

Jeune Afrique : Pourquoi avez-vous décidé de créer la tablette Motema ?

Dieudonné Kayembe Kabukula : Je voulais apporter ma contribution au développement technologique et industriel de l’Afrique, à commencer par mon pays, la RDC. La tablette Motema est un outil susceptible de répondre à de nombreuses préoccupations de la population. Son principal atout est d’offrir le programme scolaire congolais.

Comment l’outil fonctionne-t-il ?  

Motema fonctionne comme toutes les autres tablettes. Sa particularité est qu’elle est dotée d’un panneau photovoltaïque afin de contourner les problèmes liés à l’électricité en RDC, ce qui facilite son utilisation par les usagers.

Au-delà du système éducatif, quels sont les autres usages de cette tablette ?

Motema n’est pas uniquement destinée aux élèves et aux enseignants. Tout le monde peut l’utiliser pour faire des recherches sur internet, passer des appels, regarder des vidéos, ou encore prendre des photos. Seulement, nous souhaitons mettre en avant des applications qui valorisent des secteurs comme l’éducation, la culture, la santé et le tourisme.

Comment avez-vous obtenu les fonds nécessaires pour monter ce projet ?

Nous l’avons débuté lorsque nous étions encore étudiants. Notre détermination nous a poussés à relever le défi et je remercie l’ensemble des membres de mon équipe pour leur persévérance qui a permis de faire de Motema, non plus un projet, mais un véritable produit. Aujourd’hui, nous avons fait un grand pas, mais nous avons encore besoin de soutien pour concrétiser l’ensemble de l’outil.

Comment expliquer que l’appareil soit fabriqué en Chine plutôt qu’en RDC ?

La conception du software (logiciel) a lieu en RDC mais nous n’avons pas les équipements nécessaires en ce qui concerne le hardware (matériel), qui coûte très cher. Si le gouvernement accepte d’appuyer financièrement notre projet, comme promis, nous serons en mesure de produire nous-mêmes les composants physiques.

Pensez-vous que les métaux rares doivent être transformés en RDC ? 

Évidemment. La transformation des matières premières en produits finis en RDC produira des effets positifs sur l’économie de notre pays, et plus généralement sur l’ensemble de la région. Il en va de la dignité de notre nation.

Nous souhaitons d’ailleurs doter la RDC d’une usine technologique de renom, d’autant plus que 80 % des matières premières utilisées dans la chaîne de fabrication proviennent de notre pays et que nous disposons des compétences nécessaires.

Quels sont vos projets ?

Nous venons de signer un partenariat avec une industrie chinoise qui a accepté de nous accompagner en nous fournissant les équipements nécessaires en vue de l’installation de cette usine. Nous sommes en contact avec une multitude d’acteurs, dont le gouvernement congolais.

Aujourd’hui, la RDC doit assumer son leadership en termes d’industrie et de technologies en Afrique subsaharienne. Il est temps que nos dirigeants africains comprennent que l’ensemble du continent serait gagnant de tels projets conçus localement.

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