Politique

Sénégal : en quête d’alliances, Khalifa Sall amorce un timide retour

Khalifa Sall salue ses supporters après son allocution le 21 octobre à Dakar.

Khalifa Sall salue ses supporters après son allocution le 21 octobre à Dakar. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Discret depuis sa libération de prison en septembre dernier, l’ancien maire de Dakar a lancé une « tournée de remerciements » auprès de ses soutiens d’hier. Des « prises de contacts » qui laissent augurer de possibles alliances électorales futures.

Lors de sa première – et jusqu’ici unique – intervention publique depuis sa libération de prison, Khalifa Sall était resté dans le flou quant à sa stratégie politique. Devant ses militants, le 21 octobre, il s’était contenté de dévoiler son programme politique de manière lapidaire, préférant taire la question des échéances électorales.

Après plusieurs mois de silence qu’il s’est imposé après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle, le 29 septembre, l’ancien maire de Dakar s’est lancé récemment dans ce que son entourage qualifie de « tournée de remerciements », auprès de responsables religieux et politiques.

« C’est une démarche personnelle qui n’avait pas vocation à être médiatisée », assure un membre de son équipe. Pourtant, à chaque étape, l’ancien édile de la capitale a été suivi par une nuée de journalistes – que son équipe affirme ne pas avoir prévenu.

Mais c’est un Khalifa Sall obstinément mutique qui s’est présenté devant les caméras et micros tendus qui a successivement rencontré le chef du Parti démocratique sénégalais (PDS), Abdoulaye Wade, et celui du Pastef, Ousmane Sonko, ces dernières semaines. Lundi, l’ancien édile rencontrait également ses alliés du Front national de résistance (FRN), qui rassemble une partie de l’opposition.

Inéligible

« Il nous a dit que ces 32 mois passés en prison lui ont donné plus de force pour se mobiliser davantage », soutient le coordinateur du FRN Moctar Sourang, tenant à rappeler la participation de son mouvement Manko Taxawu Senegal au Front de l’opposition, même pendant la période d’emprisonnement de Khalifa Sall.

« Khalifa Sall et Karim Wade doivent pouvoir participer à l’élection de 2024 », ajoute le coordinateur du FRN. « Nous avons pris l’engagement de lever les contraintes qui pèsent sur lui », tient d’ailleurs à souligner Moctar Sourang, dénonçant le « caractère arbitraire de son emprisonnement ».

Un leitmotiv qui ne peut faire oublier que Khalifa Sall lui-même, qui n’a de cesse de clamer son innocence, ne veut pas entendre parler d’amnistie. Gracié certes, mais toujours inéligible, pour avoir été condamné à 5 ans de prison pour « faux et usage de faux » et « escroquerie portant sur les denier publics », Khalifa Sall est pour l’instant de facto hors course pour les prochaines échéances électorales.

Selon le code électoral sénégalais, il n’a pas le droit de participer aux locales, qui seront organisées « au plus tard » en mars 2021, aux législatives de 2022 et la présidentielle de 2024. L’entourage de l’ex-socialiste préfère éluder pour l’heure la question du rétablissement de ses droits politiques. « C’est l’un de nos objectifs, mais nous n’y sommes pas encore », fait savoir un membre de son équipe, qui souligne que « les échéances électorales sont loin et incertaines ».

Alliances

Pourtant, la perspective d’une alliance électorale ne semble pas si éloignée. « Les alliances et les coalitions sont inévitables » et « incontournables », lâche un autre de ses proches. Nous réfléchissons à la meilleure formule qui soit possible ».

Un rapprochement avec l’opposant Ousmane Sonko serait-il envisageable ? C’est « juste quelque chose à ne pas écarter », glisse un membre du Pastef. « Rien de concret n’est sorti de [la rencontre de vendredi] », ajoute-t-il. Ousmane Sonko n’écarte toutefois pas la possibilité d’une alliance avec le mouvement Taxawu Sénégal « si les conditions sont réunies ».

Côté Khalifistes, on « prend acte » et on « apprécie ». Un rapprochement avec le parti socialiste, dont Khalifa Sall fut exclu en 2017, n’est quant à lui « pas à l’ordre du jour ».

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