Politique économique

Algérie : qui sont les dix ministres chargés de redresser l’économie nationale

Vue d'Alger (illustration)

Vue d'Alger (illustration) © Citizen59 (CC)

Dans un exécutif sans ministre de l’Économie, ce sont dix membres du gouvernement qui se partagent les principaux dossiers économiques. Quels sont les profils de cette nouvelle équipe, confrontée à une conjoncture financière alarmante ?

Présenté le 2 janvier, le gouvernement d’Abdelaziz Djerad a propulsé plusieurs universitaires, experts financiers et jeunes entrepreneurs aux portefeuilles économiques.

Alors que le pays a déjà engagé des réformes substantielles dans la phase transitoire après la démission du président Bouteflika, l’affaiblissement du modèle économique exportateur d’hydrocarbures pose plus que jamais la question de la diversification de l’économie algérienne.

  • Mohamed Arkab, ministre de l’Énergie

Nommé à ce poste en avril dernier, celui qui dirige le ministère, stratégique s’il en est, en charge des hydrocarbures, est donc reconduit à son poste. L’homme, ancien président de la Sonelgaz, aura pour tâche d’accompagner la réforme d’un secteur qui s’est ouvert aux capitaux étrangers à l’automne dernier.

  • Ferhat Aït Ali Braham, ministre de l’Industrie et des mines

Avec la chute du prix du pétrole, les difficultés budgétaires sont devenues criantes. La relance de l’industrie algérienne, plus pressante que jamais, est désormais confiée à Ferhat Aït Ali Braham. Pourfendeur des politiques économiques des précédents gouvernements, connu pour ses positions libérales qu’il défend sur les plateaux de télévision, l’expert financier a reconnu à sa prise de fonction samedi 4 janvier qu’il était désormais « au pied du mur ».

Celui qui a été directeur de campagne d’Ali Ghediri, candidat à la présidentielle avortée du 4 juillet dernier, promet néanmoins de relancer le secteur de l’industrie et de le « sortir des petits ratios de participation au PIB national dans lesquels il a été confiné ces 40 dernières années ».

Ferhat Aït Ali Braham hérite d’un département dont trois ministres (Youcef Yousfi, Mahdjoub Bedda et Abdelaslam Boucheraoub) sont poursuivis en justice dans le cadre du scandale du montage automobile. À l’époque, il avait qualifié ce projet de « grande supercherie » et a plaidé en faveur du retour à l’importation des véhicules.

Ferhat Aït Ali s’était précédemment illustré par ses critiques acerbes envers l’actuel président de la république Abdelmadjid Tebboune, qualifiant son passage à la tête du gouvernement en 2017 de « coma économique ».

  • Kamel Rezig, ministre du Commerce

Titulaire d’un DEA en Finances option fiscalité et d’un Magistère en sciences économiques, le nouveau ministre du commerce Kamel Rezig aura en charge le dossier de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca), dont il a dit qu’elle allait requérir « de grands efforts eu égard à la dimension stratégique de cette région et son lien direct avec l’avenir des exportations de l’Algérie ».

Politiquement, Kamel Rezig s’est nettement positionné contre une longue transition politique, qui sera affirme-t-il « catastrophique pour l’économie du pays et compliquera davantage les missions du gouvernement », s’opposant avec virulence au mouvement de protestation pour le départ du système.

  • Aïssa Bekkai, ministre délégué chargé du Commerce extérieur

Diplômé en droit (2002) et en droit des affaires (2019), Aïssa Bekkai a occupé le poste de directeur régional du commerce à Laghouat, Sétif, Blida, Alger et Ouargla, avant d’être nommé directeur général de la régulation et l’organisation au ministère du Commerce. Il devra gérer les contraintes budgétaires et assainir un secteur dominé par la surfacturation.

  • Abderrahmane Raouya, ministre des Finances

Abderrahmane Raouya fait un retour inattendu à la tête du ministère des Finances, un poste qu’il a cédé en avril dernier à Mohamed Loukal dans la foulée du Hirak.

Il a été choisi pour son profil de fiscaliste, précieux pour améliorer le recouvrement des impôts, spécialement dans la conjoncture de sècheresse budgétaire actuelle.

Abderrahmane Raouya a passé une grande partie de sa carrière au ministère des Finances, successivement en tant qu’administrateur à la direction des études et de la législation fiscale de 1985 à 1987, chef du bureau des conventions fiscales internationales jusqu’à 1993, sous-directeur au niveau du même département jusqu’à 2000 et directeur de la législation fiscale jusqu’à 2003.

Il a, par la suite, été nommé chargé d’études et de synthèse au cabinet du ministre des Finances de 2005 à 2006, puis directeur général des Impôts.

  • Bachir Messaitfa, ministre délégué chargé des Statistiques et de la prospective

Bachir Messaitfa a été rappelé au poste de ministre délégué chargé des Statistiques et de la prospective qu’il a déjà occupé dans le gouvernement de l’ex Premier ministre Abdelmalek Sellal, actuellement en détention pour ses implications présumées dans plusieurs affaires de corruption.

Ce professeur en économie a la lourde tâche d’arrêter une stratégie économique à partir de statistiques fiables.

  • Yassine Djeridane, ministre de la Microentreprise, des start-up et de l’économie de la connaissance

Le nouveau gouvernement se distingue par la création d’un ministère de la Microentreprise, des start-up et de l’économie de la connaissance, confié à Yassine Djeridane. Il est l’ancien directeur du Centre du développement des technologies avancées.

Secondé par deux ministres délégués, il se retrouve à la tête d’un département ministériel amené à devenir la locomotive de l’économie moderne basée sur le numérique.

  • Nassim Djafat, ministre délégué chargé des Incubateurs

Il s’agit de l’ancien président de l’association des bénéficiaires de crédit et des jeunes investisseurs.

  • Yacine Oualid, ministre délégué chargé des Start-up

Ce dernier, médecin de formation, est à 26 ans le plus jeune membre du gouvernement et créateur du premier hébergeur algérien, Smart Solution Housing.

  • Abderrahmane Lotfi Djamel Benbahmad, ministre délégué chargé de l’Industrie pharmaceutique

Ministre délégué à l’industrie pharmaceutique, Abderrahmane Lotfi Djamel Benbahmad est un fin connaisseur du secteur, dont les représentants professionnels se targuent de ce qu’il permet à l’Algérie d' »économiser près de 300 millions de dollars par an ».

Avant de devenir membre du gouvernement d’Abdelaziz Djerad, Abderrahmane Lotfi Djamel Benbahmad présidait le Conseil national de l’ordre des pharmaciens et l’Inter ordre des pharmaciens d’Afrique.

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