Économie

Congo : Exxaro fait une croix sur son projet de minerai de fer

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Mis à jour le 26 juin 2014 à 16:35

Exxaro a annoncé son intention de passer par pertes et profits les 371 millions d’euros investis dans son projet de Mayoko, au nord du Congo. L’entreprise sud-africaine explique ne pas être parvenue à signer d’accords définitifs concernant les infrastructures portuaires et ferroviaires.

Alors qu’au Cameroun voisin, l’austrailen Sundance a choisi le portugais Mota-Engil pour construire la partie infrastructures de son projet d’exploitation des mines de fer de Mbalam, Exxaro jette officiellement l’éponge au Congo. L’entreprise sud-africaine avait acquis en 2012 pour un peu moins de 350 millions de dollars African Iron, propriétaire du gisement de minerai de fer de Mayoko, situé à 300 kilomètres au nord-est de Pointe-Noire. Le projet était alors prometteur en raison de la production attendue (5 millions de tonnes par an) et de l’existence d’une ligne de chemin de fer, reliant le site au port de Pointe-Noire.

Provisions

Moins de deux ans plus tard, c’est la douche froide. Dans un communiqué diffusé le 24 juin, Exxaro a annoncé sa décision de provisionner la totalité de la valeur du projet Mayoko, représentant le coût d’acquisition initial ainsi que les autres coûts liés au projet, soit au maximum 5,362 milliards de rands (environ 371 millions d’euros). Exxaro a ajouté que le montant exact de la perte serait précisée bientôt. L’entreprise sud-africaine a justifié sa décision par la hausse de ses coûts de développement et par « l’impossibilité de conclure des accords portuaires et ferroviaires définitifs ». En effet, même si les infrastructures existent déjà, elles nécessitaient une remise en état.

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Cours en chute

L’évolution des cours au comptant du minerai de fer n’est pas porteuse pour les projets ferreux. Depuis le mois de décembre, les prix ont en effet baissé de 25%, autour de 100 dollars la tonne. Dans un rapport récent, Renaissance Capital estime que les cours pourraient tomber à 90 dollars la tonne en raison de l’augmentation rapide d’une offre à plus bas coût.

Exxaro a précisé dans son communiqué travailler activement avec le gouvernement de la République du Congo en ce qui concerne l’avenir du projet de Mayoko. Equatorial Resources, qui exploite le projet voisin de Mayoko-Moussondji et qui doit utiliser les mêmes infrastructures, a réagi le 26 juin à la décision du groupe sud-africain, précisant que son activité n’était pas liée à la réalisation du projet d’Exxaro et qu’elle continuerait à travailler à la finalisation de sa convention minière. Equatorial Resources a simplement indiqué qu’en raison du contexte difficile, elle réduirait ses coûts.

Plutôt spécialiste du charbon, Exxaro voyait en Mayoko la possibilité de doper sa diversification dans les minerais ferreux.