Politique

Présidentielle au Congo : le PCT en ordre de bataille derrière Denis Sassou Nguesso

Denis Sassou-Nguesso (au centre) entouré des membres du Bureau politique du Parti congolais du travail (PCT), dont son nouveau secrétaire général Pierre Moussa (à la droite du président), lors de l’hommage rendu à Marien Ngouabi, le 31 décembre 2019 à Brazzaville.

Denis Sassou-Nguesso (au centre) entouré des membres du Bureau politique du Parti congolais du travail (PCT), dont son nouveau secrétaire général Pierre Moussa (à la droite du président), lors de l’hommage rendu à Marien Ngouabi, le 31 décembre 2019 à Brazzaville. © DR

Au terme de son cinquième congrès, le Parti congolais du travail, qui a célébré le 31 décembre ses 50 ans d’existence, change de secrétaire général et appelle à une candidature de Denis Sassou Nguesso à l’élection présidentielle de mars 2021.

Ouvert le 27 décembre au centre des conférences de Kintele, non loin de Brazzaville, au milieu d’une forêt de drapeaux rouges et de chants de mobilisation, le cinquième congrès du PCT, parti au pouvoir, s’est achevé le 31 à l’aube avec une nouvelle direction dont le caractère inclusif a pris des allures de cure d’embonpoint : les membres du comité central sont passés de 471 à 727 et ceux du bureau politique de 51 à 75.

À 14 mois de la présidentielle de mars 2021, le parti fondé il y a un demi-siècle par le défunt président Marien Ngouabi et ses camarades – dont Denis Sassou Nguesso (DSN) – , s’est également doté d’un nouveau secrétaire général en la personne de Pierre Moussa, 78 ans, vieux compagnon du chef de l’État, en remplacement de Pierre Ngollo qui cumulait ce poste avec celui de président du Sénat.

Pierre Moussa, nouveau secrétaire général

Même si DSN, qui n’a pas physiquement participé à ce congrès – Constitution oblige – a eu plus que son mot à dire sur ce choix, ne serait-ce qu’en tant que président du comité central, les jeux étaient cependant ouverts et les candidats au poste de SG nombreux, à commencer par Pierre Ngollo lui-même, qui briguait sa propre succession et dont les partisans formaient une bonne partie des quelques 2600 congressistes. Autres personnalités pressenties : les ministres Firmin Ayessa et Gilbert Ondongo, l’ambassadeur en France Rodolphe Adada et Denis Christel Sassou Nguesso, fils du chef de l’État.

C’est en définitive le plus discret d’entre eux, Pierre Moussa qui, après le retrait, contrit, de la candidature de Pierre Ngollo, a été élu par le comité central. Plusieurs fois ministre, puis président de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale de 2012 à 2017, ce natif d’Owando dans le département de la Cuvette est un économiste de formation et un politicien de consensus.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, à l'Élysée le 30 septembre 2019 lors de l'hommage à l'ancien président français Jacques Chirac.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, à l'Élysée le 30 septembre 2019 lors de l'hommage à l'ancien président français Jacques Chirac. © Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Le PCT doit redevenir le parti de l’ordre, de la discipline, de la cohésion et de l’unité

Sa principale tâche sera, ainsi que l’a précisé Denis Sassou Nguesso dans son message au congrès, de « remettre le parti en ordre de bataille, parce que le PCT doit redevenir le parti de l’ordre, de la discipline, de la cohésion et de l’unité. Aucune société, aucune organisation humaine ne peut se développer dans l’indiscipline et la désunion ». Une allusion à peine voilée aux critiques internes dont la gouvernance de Pierre Ngollo faisait l’objet depuis plusieurs mois.

Ce mot d’ordre, Pierre Moussa l’a repris à son compte dans son premier discours en tant que secrétaire général : « Les membres du parti qui n’aiment pas d’autres membres du parti, c’est fini. Les membres du parti qui ne parlent pas à d’autres membres du parti, c’est fini », a-t-il martelé.

Un apaisement qui ne se décrète pas

Reste que l’apaisement au sein d’un parti ultra dominant sur la scène politique congolaise, fort d’un demi-million de membres surtout actifs en période électorale et qui a connu nombre de turbulences depuis sa fondation, ne se décrète pas.

Il faudra que Pierre Moussa constitue un cabinet solide et un vivier de personnes ressources fiables pour réellement avoir la main sur une machine dont la majorité des rouages clés sont ipso facto contrôlés par son prédécesseur.

Pour le reste et sans surprise, le cinquième congrès ordinaire du PCT réuni sous l’œil de délégations de « partis frères » au pouvoir (partis communistes chinois , cubain et nord-coréen, MPLA angolais, SWAPO namibienne, RDPC camerounais, ANC sud-africain, UDPS congolaise, FPR rwandais etc..) a sèchement rejeté la proposition du chef de file de l’opposition Pascal Tsatsy Mabiala d’une période de transition de deux ans, suivie d’une élection à laquelle le président sortant ne serait pas candidat.

Ce n’est pas, il est vrai, au moment où l’économie donne de timides signes de reprise et que le gros de la crise financière semble passé, que le PCT va dévier de la voie qu’il s’est fixée : faire réélire le camarade Denis Sassou Nguesso en 2021.

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