Économie

Angola : gel des comptes bancaires d’Isabel dos Santos et de son époux Sindika Dokolo

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 31 décembre 2019 à 16h31
José Eduardo dos Santos, l'ex-président angolais avec sa femme Ana Paula, au premier plan. Sa fille Isabel dos Santos, au côté de son époux, Sindika Dokolo, au second plan.

José Eduardo dos Santos, l'ex-président angolais avec sa femme Ana Paula, au premier plan. Sa fille Isabel dos Santos, au côté de son époux, Sindika Dokolo, au second plan. © Bruno Fonseca/REA

La justice angolaise a ordonné le gel préventif des comptes bancaires et des actifs d’Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président José Eduardo dos Santos, et de son époux Sindika Dokolo dans plusieurs sociétés, dans le cadre d’une enquête pour corruption, a-t-on appris de source officielle mardi.

La justice leur reproche des irrégularités dans des affaires impliquant des entreprises d’État, la compagnie pétrolière nationale Sonangol, qu’Isabel dos Santos a dirigée, et la société publique de commercialisation des diamants Sodiam.

Le préjudice pour l’État angolais est estimé à plus d’un milliard de dollars, selon un communiqué du procureur publié lundi soir.

Dans une décision rendue le 23 décembre, le tribunal de Luanda a ordonné le gel des « comptes bancaires » du couple et de leur « participation » dans plusieurs entreprises angolaises, dont la société de télécommunications Unitel et la cimenterie Cimangola. L’homme d’affaires portugais Mario da Silva est également visé par cette décision.

Le procureur a assuré que les mesures prises « n’auront pas d’incidence sur les emplois dans les entreprises » mentionnées. Isabel dos Santos a réagi dans un tweet en envoyant « un message de confiance à (ses) équipes ». « Nous continuerons tous les jours à faire des affaires, à faire de notre mieux (…) La route est longue, la vérité l’emportera », a-t-elle assuré.

La chute de l’empire dos Santos

La femme d’affaires a dirigé la Sonangol de 2016 jusqu’à son éviction fin 2017, quelques mois après l’arrivée au pouvoir de Joao Lourenço, qui a succédé à José Eduardo dos Santos. Présentée comme la femme la plus riche d’Afrique, elle fait l’objet d’une enquête pour détournement de fonds.

Depuis qu’il a succédé à M. dos Santos, l’actuel président, ancien ministre de la Défense, a limogé la plupart des proches de son prédécesseur de la tête des institutions, des entreprises publiques et de l’appareil sécuritaire du pays, au nom de la lutte contre la corruption.

Le fils de l’ancien président angolais, José Filomeno dos Santos, demi-frère d’Isabel dos Santos, comparaît lui depuis début décembre à Luanda pour des faits de corruption, premier procès visant un membre de la famille de l’ex-maître absolu du pays.

M. dos Santos a dirigé l’Angola pendant trente-huit ans (1979-2017) d’un règne sans partage où il a mis l’économie du pays en coupe réglée au profit d’une poignée de proches. Sa famille accuse aujourd’hui le gouvernement de son successeur de la persécuter.

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