Société

Algérie : des milliers d’étudiants défient le nouveau président

Des opposants à l'élection présidentielle défilant dans les rues d'Alger, vendredi 6 décembre 2019 (image d'illustration).

Des opposants à l'élection présidentielle défilant dans les rues d'Alger, vendredi 6 décembre 2019 (image d'illustration). © Toufik Doudou/AP/SIPA

Environ 2 000 étudiants, enseignants et citoyens ont à nouveau manifesté mardi 31 décembre à Alger contre le régime, réaffirmant leur rejet de l’offre de dialogue faite par le nouveau président Abdelmadjid Tebboune.

« Nous n’avons pas voté. Ils ont ramené Tebboune, qui ne nous gouvernera pas », ont scandé les manifestants qui ont défilé sur deux kilomètres sans incident dans les rues du centre de la capitale.

Ancien Premier ministre du président Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission en avril par le mouvement de contestation inédit qui agite l’Algérie depuis près de dix mois, Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, a été élu le 12 décembre.

Refus de tout dialogue

Les manifestants ont également réaffirmé leur rejet de l’offre de dialogue du nouveau président, qui, au lendemain de sa victoire, a « tendu la main au Hirak« , l’invitant au « dialogue afin de bâtir une Algérie nouvelle ».

« Comment accepter de dialoguer au moment où des innocents croupissent en prison », ont crié les manifestants qui brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « liberté pour les détenus d’opinion ».

Une trentaine de manifestants et militants arrêtés au début de l’été pour avoir brandi un drapeau berbère ont été libérés depuis une semaine, à l’issue de leur peine de six mois d’emprisonnement, assortie pour partie du sursis pour certains d’entre eux.

« Un État civil et non militaire »

Mais, environ 140 manifestants, militants ou journalistes, arrêtés dans le cadre du « Hirak », notamment pour des écrits sur les réseaux sociaux ou pour le port de l’emblème amazigh, sont toujours incarcérés, en détention provisoire ou condamnés à des peines d’emprisonnement.

« Nous continuerons à descendre dans la rue jusqu’à la libération de tous les détenus du Hirak », a déclaré Sara, 21 ans, étudiante en génétique à Alger.

La foule a également scandé des slogans visant le haut commandement militaire. « Un État civil et non militaire » et « Les généraux à la poubelle et l’Algérie aura son indépendance », ont notamment crié les manifestants.

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