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Une Malawite rescapée du couloir de la mort

Vera Chirwa a plus de 70 ans. Son existence mouvementée a fait d’elle une femme suractive, impliquée dans la défense des droits humains. Première avocate du Malawi, elle joue, avec son mari Orton, avocat lui aussi, un rôle majeur dans la conquête de l’indépendance, le 6 juillet 1964. Le couple s’exile en Tanzanie quelques semaines plus tard, chassé par le régime du Dr Hastings Kamuzu Banda.
La veille de Noël 1981, Vera et Orton sont enlevés par les forces de sécurité malawites dans l’est de la Zambie, condamnés à mort au terme d’un simulacre de procès et menés à la prison centrale de Zomba. Dans le quartier des femmes, Vera est torturée. Elle dort à même le sol de ciment, refuse d’ungurgiter la nourriture infecte. Elle est privée de sorties, de visites, de lettres, de nouvelles de son mari…
En 1990, Amnesty International lance une action urgente pour faire libérer les Chirwa. A l’automne 1992, une délégation de juristes britanniques est autorisée à leur rendre visite. Orton et Vera se revoient pour la première fois depuis huit ans. Ce sera la dernière. Orton meurt dans sa cellule trois semaines plus tard, à 73 ans. « Il a été assassiné », soutient Vera, qui ne peut assister à l’enterrement. Graciée par le président Kamuzu Banda, pour « raisons humanitaires », elle sera libérée le 24 janvier 1993.
Douze ans de prison n’auront eu raison ni de sa volonté ni de sa santé. Depuis 2000, Vera est rapporteur spécial sur les prisons et les conditions de détention en Afrique pour la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Dès sa remise en liberté, elle a créé l’ONG Malawi Carer, un centre d’action et de recherche sur les droits de l’homme par le biais duquel elle multiplie les actions en faveur de l’abolition de la peine capitale.
Car, même si l’actuel président a commué toutes les sentences capitales en prison à vie, les Malawites « croient à la peine de mort, regrette-t-elle. Nous nous battons pour qu’une loi soit adoptée, mais nous ne souhaitons pas l’imposer. Nois espérons qu’un jour, la majorité l’acceptera. »

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