Politique

Algérie : mobilisation moins dense à Alger pour le 45e vendredi de contestation

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 28 décembre 2019 à 13h22
Des manifestants portent des photos de détenus politiques dans les rues d'Alger pour rejeter l'élection présidentielle et protester contre le gouvernement, le 27 décembre 2019.

Des manifestants portent des photos de détenus politiques dans les rues d'Alger pour rejeter l'élection présidentielle et protester contre le gouvernement, le 27 décembre 2019. © Toufik Doudou/AP/SIPA

Quelques dizaines de milliers d’Algériens ont manifesté vendredi lors du dernier rassemblement hebdomadaire de 2019 contre le régime. L’affluence dans la capitale a semblé l’une des plus faibles depuis la naissance du « Hirak », en février.

Certains manifestants expliquent la baisse d’affluence par les vacances scolaires, d’autres refusent d’admettre que le cortège est moins dense, comme Fatma Zohra, retraitée, selon qui « la mobilisation reste très forte ». « Le “Hirak” va continuer jusqu’au départ de ce “système” (…) On ne s’arrêtera pas », a assuré Asma, étudiante de 23 ans. « Nous on est là, on continue le combat », poursuit Hocine, fonctionnaire de 50 ans.

Avant la manifestation vendredi, les Algérois avaient cependant paru partagés sur la poursuite des manifestations : certains déterminés à continuer, d’autres hésitants, ou partisans du dialogue ou de nouveaux modes d’action.

« Tebboune, dégage ! »

Ce 45e vendredi consécutif de manifestation, d’une contestation entrée dans son 11e mois, était le deuxième depuis l’entrée en fonctions, le 19 décembre, du nouveau président Abdelmadjid Tebboune, élu sur fond d’abstention historique (60%) pour succéder au président déchu Abdelaziz Bouteflika. Les semaines précédant le vote, des cortèges d’ampleur exceptionnelle avaient dénoncé une volonté du régime de se régénérer.

« Tebboune, dégage ! », ont scandé vendredi les manifestants, le nouveau président remplaçant dans les slogans le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, décédé le 23 décembre. La mobilisation de vendredi a d’ailleurs contrasté avec la foule impressionnante lui ayant rendu hommage, deux jours plus tôt.

Le cortège a également brandi des portraits de Ramdane Abane, assassiné il y a 62 ans jour pour jour par certains de ses compagnons de lutte contre le colonisateur français au sein du Front de libération nationale (FLN). Dirigeant historique du mouvement, Ramdane Abane était l’un des architectes de sa plateforme politique consacrant notamment la « primauté du politique sur le militaire ».

Mobilisations plus faibles à Oran et Constantine

Le cortège algérois s’est dispersé sans incident. À Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, la mobilisation a également faibli, tandis qu’à Annaba, 4e ville du pays, où vit la famille du général Gaïd Salah, la police a empêché la manifestation, selon des journalistes locaux.

Dans ces trois villes, des partisans du pouvoir ont provoqué les manifestants qui n’ont pas répondu, selon ces journalistes. Des manifestations se sont également déroulées dans d’autres villes du pays, selon les réseaux sociaux.

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