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Des accusations d’affairisme et de détournement de fonds publics

Les plus virulents détracteurs du régime accusent Wade, père et fils, de mélanger les caisses de l’État avec leurs comptes en banque privés. Les reproches les plus graves circulent sur le compte de Karim, accusé d’utiliser les moyens de l’Anoci à des fins personnelles ou de se verser de substantielles commissions lors de signatures de contrats avec des investisseurs. Pour le journaliste Abdou Latif Coulibaly, « les Wade n’ont aucun principe et pensent que tout est achetable. Chez eux, la cupidité est poussée à l’extrême ». Amath Dansokho, leader du PIT, n’est pas plus amène : « Wade avait chargé Idrissa Seck de son enrichissement personnel. Le problème, c’est que Seck en a profité pour détourner une grande partie de l’argent à son profit. »
Parmi les nombreuses rumeurs, l’affaire de la prétendue arrestation, fin mars 2004, de Karim Wade par la police française des frontières. Il lui aurait été reproché de transporter, à bord d’un avion privé, 47 milliards de F CFA. Une affaire soulevée par le quotidien sénégalais L’Observateur, appartenant à la star nationale, Youssou N’Dour. « Youssou N’Dour m’avait demandé, raconte Karim Wade, de l’aider à obtenir du président 300 millions de F CFA pour, disait-il, régler le problème entre la presse sénégalaise et le pouvoir. J’ai refusé, et il a orchestré cette sombre histoire dans son journal. Je l’ai attaqué en justice pour diffamation. D’abord, la police des frontières a attesté ne jamais m’avoir arrêté. Ensuite, vous me voyez trimballer 47 milliards en liquide et en francs CFA en plus ? » Résultat : le tribunal condamnera L’Observateur à 40 millions de dommages et intérêts. Adepte du procès en diffamation (contre l’hebdomadaire français Le Nouvel Économiste en 2004, les publications sénégalaises Le Quotidien en 2005 et Le Courrier du jour en 2006, une dernière action en justice étant en cours contre L’Express), Karim Wade les a jusqu’ici tous gagnés. Les détournements de fonds au sein de l’Anoci ? « C’est tout simplement impossible, répond son président. En dehors de son budget de fonctionnement, l’Anoci ne gère pas d’argent. Les subventions que nous recevons sont gérées par le ministre des Finances, et les bailleurs de fonds versent directement les fonds aux entreprises utilisées. Rien ne transite sur les comptes de l’Agence. »

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