Politique

RDC : le FCC fait son autocritique et n’épargne pas Joseph Kabila

Réservé aux abonnés | | Par - à Kinshasa
Mis à jour le 25 décembre 2019 à 14h30
Joseph Kabila, lors de l'investiture deFélix Tshisekedi, le 24 janvier 2019.

Joseph Kabila, lors de l'investiture deFélix Tshisekedi, le 24 janvier 2019. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le Front commun pour le Congo (FCC), la coalition dirigée par Joseph Kabila, a rendu publiques les « vraies » raisons de son échec à la présidentielle de décembre 2018. Une autocritique dans laquelle la mauvaise gestion du pays sous le règne de l’ex-chef de l’État est pointée comme ayant favorisé la défaite d’Emmanuel Ramazani Shadary.

Trahisons, désignation tardive du candidat, répartition inéquitable de fonds et matériels de campagne, égocentrisme et guerre des chefs… À Kingakati, dans la banlieue de Kinshasa, la coalition Front commun pour le Congo (FCC), dirigée par l’ancien président Joseph Kabila, a dévoilé lundi les recommandations de sa première retraite politique, tenue fin novembre à Mbuela Lodge, à Kisantu, dans la province du (Kongo-Central).

Ces travaux avaient notamment pour mission d’évaluer la marche de l’alliance pro-Kabila, une année après sa création, mais aussi d’analyser les causes de sa défaite à la présidentielle de décembre 2018. Une rare autocritique pour le FCC.

Mauvaise gestion du pays sous Kabila

Plusieurs éléments auraient ainsi participé à l’échec du candidat Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin désigné de Joseph Kabila. Le doute sur la tenue du scrutin, la « diabolisation de la machine à voter », la répartition inéquitable du matériel de campagne, la mauvaise gestion des fonds alloués à la campagne électorale, ou les multiples querelles des chefs autour de l’autorité morale à la veille de l’élection ont ainsi concouru à l’échec du FCC.

Je suis un homme de parole. J’ai signé un accord avec Félix Tshisekedi et je vais le respecter

Si la « mauvaise communication » au sujet du bilan de la gestion du pays durant les deux dernières années de la présidence Kabila a été pointée du doigt, le diagnostic a également souligné que le climat de mésentente avec l’Église catholique avait participé à une « contre-campagne » pour Shadary.

S’exprimant devant les cadres du FCC, fin novembre, ce dernier a regretté la décision du report du scrutin du 23 au 30 décembre, « fatale sur nos chances de réussite », estimant qu’il fallait toutefois tourner la page et se « défaire de la distraction qui aurait gagné le FCC au moment des élections ».

Joseph Kabila en défenseur de la coalition FCC-Cach

Prenant la parole à Kingakati, Joseph Kabila a pour sa part salué la discipline et la cohésion qui, selon lui, ont caractérisé sa famille politique depuis le scrutin. « Certains disaient que nous allions nous diviser, mais nous sommes restés unis », a-t-il affirmé.

L’ancien chef de l’État a clairement déclaré qu’il tenait à la coalition avec Cap pour le changement (Cach) de Félix Tshisekedi, précisant qu’il était d’accord avec son prédécesseur sur plusieurs réformes politiques, économiques et sécuritaires à adopter. « Je suis un homme de parole. J’ai signé un accord avec Félix Tshisekedi et je vais le respecter ».

Majoritaire dans les deux chambres parlementaires, le FCC, qui tient à revenir aux affaires en 2023, souhaite engager des réformes sur la loi électorale et le mode de scrutin.

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