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Cet article est issu du dossier «Côte d’Ivoire : quel avenir pour Guillaume Soro ?»

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Justice

Visé par un mandat d’arrêt en Côte d’Ivoire, Guillaume Soro doit reporter son retour

Guillaume Soro à Abidjan en décembre 2010.

Guillaume Soro à Abidjan en décembre 2010. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Les autorités ivoiriennes ont émis un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro pour tentative de déstabilisation et détournement de deniers publics. L’ancien président de l’Assemblée nationale, qui devait regagner Abidjan ce lundi après-midi, a finalement dû interrompre son voyage à Accra.

“Rien n’est simple avec Soro”, confiait, ce lundi 23 décembre au matin, un proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale, semblant deviner que les choses ne se passeraient pas comme prévu.

Ce n’est pas à Abidjan, sa destination initiale, mais à Accra, au Ghana, que le jet privé à bord duquel Guillaume Soro a embarqué depuis Paris s’est posé à 14h30 (GMT). Selon nos informations, son entourage a pris la décision de dérouter l’appareil, estimant que les conditions sécuritaires n’étaient plus réunies et craignant qu’il soit arrêté.

Gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre

Depuis le petit matin, l’accès à sa résidence de Marcory était bloquée. Ses proches, sa famille et la presse s’y sont vus refuser l’accès. Même situation à l’aéroport d’Abidjan où seulement trois collaborateurs de Soro avaient été autorisés à l’accueillir. Initialement, l’avion du député devrait atterrir au jetex, l’aéroport d’affaires d’Abidjan, mais a été orienté en dernière minute vers la base de l’armée de l’air ivoirienne. Autant de raisons pour amener Soro à changer de plan de vol.

“Nous avons pris cette décision alors que l’avion était au dessus du Mali. L’avionneur a alors proposé de le dérouter vers Bamako ou Accra, avant d’opter pour la capitale ghanéenne”, confie un proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Car une menace bien plus sérieuse l’y attend. Selon des sources proches de la présidence, les autorités ont décidé d’émettre contre lui un mandat d’arrêt pour tentative de déstabilisation et détournement de deniers publics. Le procureur de la République, Richard Adou, devrait rapidement s’exprimer pour préciser les faits retenus contre lui. Toutefois, Guillaume Soro et ses avocats n’ont pas encore été notifiés.

Vers 15 heures, la situation s’est brusquement tendue à la permanence de l’ancien président de l’Assemblée nationale, où s’étaient rassemblées depuis plusieurs heures des partisans et proches de ce dernier. Des gaz lacrymogènes ont été tirés par les forces de l’ordre et le QG de Soro a été investi par des éléments cagoulés. Le matériel de certains photographes de presse a été saisi. Les militants ont finalement quitté les lieux sous la pression de la police en applaudissant et en criant “Soro, Soro”.

Le président du Rassemblement pour la Côte d’Ivoire (Raci), Kanigui Soro, a été emmené dans un lieu inconnu à bord un pick-up conduit pas des éléments cagoulés et suivi par un véhicule de la Frap (Force de recherche et d’assistance de police). L’entourage de Soro affirme que le député Alain Lobognon et le chargé de protocole de Soro, Souleymane Kamagaté, alias Soul to Soul, ont eux aussi été arrêtés.

Selon des sources proches de la présidence ghanéenne, les autorités ivoiriennes ont fait pression pour que Guillaume Soro ne puisse pas débarquer au Ghana.

Après avoir envisagé de gagner le Togo par la route, l’ancien président de l’Assemblée nationale en a donc été empêché. Son avion, qui a atterri a 14h19 à Accra, en est finalement reparti pour Tenerife à 17h44. Guillaume Soro devrait regagner Paris, via Barcelone, ce 24 décembre.

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