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L’OCP change de dimension

L'Office chérifien des phosphates s'affranchit de son statut d'entreprise publique. C'est la première étape de la profonde mutation engagée par son nouveau patron.

Le long périple politique, juridique et parlementaire, qui doit faire basculer l’Office chérifien des phosphates (OCP) du statut d’entreprise publique à celui de société anonyme, est proche du dénouement. Après plusieurs jours de discussion, le projet de loi qui autorise cette mutation, ultime étape du processus, devait, sauf rebondissements, être soumis au vote le 22 janvier pour son adoption définitive par la Chambre des conseillers.
Sa feuille de route en main, l’artisan de ce changement, Mostafa Terrab, le directeur général de l’OCP, peut se mettre en ordre de marche avant même que ne soit officiellement publié le texte de loi qui doit modifier le statut de l’entreprise, officialiser l’entrée de la Caisse de dépôts et de gestion (CDG) dans son capital et confirmer le maintien du contrôle de l’État, qui reste l’actionnaire principal.
Préparée avec minutie depuis deux ans, la modification du statut juridique de l’industriel, qui lui ouvre d’importantes perspectives de développement, devrait s’effectuer en douceur. « On se couchera OCP et on se réveillera en société anonyme », résume-t-on dans le groupe. L’activité de l’entreprise ne connaîtra pas de rupture, ce qui permettra à ses 17 000 salariés de conserver leurs acquis sociaux – et donc de désamorcer d’éventuelles tensions -, mais aussi d’honorer tous les engagements que le groupe a passés avec ses multiples partenaires industriels brésiliens, indiens, belges ou pakistanais.
Il n’empêche. Né en 1920, le fleuron de l’industrie marocaine vit l’une des plus importantes transformations de son histoire. En contrepartie de son entrée exclusive dans le capital du groupe, la CDG y injectera entre 11 milliards et 12 milliards de DH. Cette prise de participation de l’établissement garant de l’épargne publique est le fruit d’un protocole d’accord conclu en juillet 2007, qui assure le transfert à la CDG de la caisse interne de retraite de l’OCP, plombée par un déficit de 3,15 milliards de dollars, alors que le chiffre d’affaires de l’office ne s’est élevé qu’à 2,2 milliards de dollars en 2006.
La caisse sera intégrée au Régime collectif d’allocations de retraite (RCAR). Le trou sera financé pour un tiers par l’État, en abandonnant une taxe sur les phosphates, un tiers par la CDG et un tiers par l’OCP. Mutualisé et fondu dans le régime général par un jeu d’écritures, le système de retraite des 30 000 anciens salariés du groupe chimique paraît donc garanti. Autre avantage : les fonds propres de l’entreprise sortiront du rouge, une obligation lorsque l’on est une société anonyme.
Grâce à ce tour de passe-passe qui lui permet de rendre ses comptes plus présentables, l’OCP va donc retrouver une plus grande marge de manuvre pour affronter ses concurrents. La transparence de sa gestion, qui sera certifiée par des commissaires aux comptes, lui permettra en outre de lever des fonds plus facilement pour gagner la confiance de nouveaux partenaires.
Par un appel à l’emprunt, notamment, le groupe a déjà programmé d’investir plus de 30 milliards de DH d’ici à 2012, qui permettront de créer 10 000 emplois. Il devrait par ailleurs annoncer prochainement d’excellents résultats pour 2007. L’OCP est, en effet, parvenu à faire passer des hausses de prix importantes auprès de ces clients. Comme quoi une bonne nouvelle n’arrive jamais seule

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