Diplomatie

[Chronique] Les États-Unis en guerre commerciale contre le Wakanda ?

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Par  Damien Glez

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

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Le site du département américain de l’Agriculture (USDA) a inscrit le Wakanda sur la liste de ses partenaires commerciaux avant de l’en retirer. Sauf que le pays africain n’existe que dans le film de super-héros « Black Panther ».

Le paradis de l’Oncle Sam vient-il, ce jeudi, de déclarer la guerre commerciale à un nouveau pays, africain cette fois ? Depuis le début de la présidence de Donald Trump, les États-Unis sont coutumiers des brouilles avec des producteurs chinois d’aluminium ou des yaourtiers français. Mais cette fois, aucun responsable gouvernemental du partenaire sanctionné par le protectionnisme ne montera au créneau. La nation nouvellement rayée de la liste des États qui ont conclu des accords de libre-échange avec les Américains… n’existe pas.

C’est un ingénieur basé à New York, Francis Tseng, qui révéla en premier sur Twitter, avoir découvert le nom « Wakanda » sur un document en ligne du département américain de l’Agriculture (USDA). La patrie imaginaire du super-héros Black Panther, développée dans l’univers Marvel et réputée nation africaine dotée de la technologie la plus puissante de la planète, figurait ainsi dans la liste des tarifs agricoles appropriés à l’international.

Téléchargé par l’ingénieur, un fichier Excel répertorie les codes « Harmonized Schedule » applicables entre le Wakanda et les États-Unis. Plus précisément, la liste évoque le commerce d’animaux vivants, de produits laitiers, de tabac et d’alcool. Rien sur la matière première la plus convoitée du pays made in Marvel : le vibranium.

Mutisme américain

Dans la foulée du tweet de Francis Tseng, l’USDA retire le pays fictif de son site et mise, dans un premier temps, sur le mutisme. Rattrapé par le buzz, un porte-parole déclarera que le Wakanda ne devait originellement être utilisé que dans le cadre d’un test, lors de la conception du fichier.

Cette « private joke » fuitée pourrait être jugée attendrissante si les responsables américains n’avaient pas régulièrement démontré leur incurie en matière de géographie africaine. En pleine campagne présidentielle de 2008, la colistière de John McCain, Sarah Palin, découvrait publiquement que l’Afrique était un continent et non un pays. En 2017, lors d’une allocution new-yorkaise face à des homologues africains, un président Donald Trump pétri de bonnes intentions inventa le nom « Nambia », sorte de mashup involontaire entre la Zambie, la Namibie et la Gambie.

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