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Cet article est issu du dossier «Angola : le déclin de l'empire dos Santos»

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Entreprises & marchés

Diamants : Sindika Dokolo dépose un recours à Londres contre la société de commercialisation angolaise Sodiam

Sindika Dokolo, à Londres, le 5 janvier 2017.

Sindika Dokolo, à Londres, le 5 janvier 2017. © Kalpesh Lathigra/JA

Le collectionneur d’art congolais a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Londres, s’estimant victime d’un préjudice de 120 millions de dollars en raison du comportement de son associé au sein de la marque de joaillerie De Grisogono, la société publique angolaise Sodiam.

Le ton monte entre Sindika Dokolo et son associé angolais Sodiam. Le collectionneur d’art congolais, époux de la fille de l’ancien président angolais Isabel dos Santos, a indiqué à Jeune Afrique, jeudi 19 décembre, avoir déposé la veille un recours auprès de la Cour internationale d’arbitrage de Londres pour régler un litige avec la Société publique angolaise de commercialisation des diamants, confirmant une information de l’agence de presse portugaise Lusa.

Sindika Dokolo accuse son associé au sein de De Grisogono de plusieurs méfaits : hacking, vol de documents et violation du principe de confidentialité. Surtout, il lui reproche, par son comportement « politique », d’avoir engendré une perte de valeur de son investissement dans De Grisogono, chiffrée à 120 millions de dollars, un préjudice pour lequel il réclame une indemnisation.

« Je suis victime d’un traitement déloyal de mon partenaire. C’est pourquoi j’ai saisi l’institution appropriée, celle prévue dans le pacte d’actionnaires, pour faire constater le préjudice subi et déterminer ce qu’il y a lieu de faire », a déclaré Sindika Dokolo.

Pour Sindika Dokolo, l’annonce de la volonté de retrait de Sodiam en novembre 2017 a délibérément mis à mal De Grisogono, rendant impossible une revente qui aurait permis à chacun de récupérer sa mise. Preuve de ses difficultés, le joaillier a annoncé en avril 2018 un plan social.

Un litige sur fond de transition politique

En 2011, alors que l’Angola était encore dirigé par son beau-père José Eduardo dos Santos, Sindika Dokolo avait annoncé le rachat (via la société Victoria Holding installée à Malte selon la presse portugaise) du joaillier suisse De Grisogono en partenariat avec la société d’État angolaise Sodiam. L’ambition était, grâce à ce partenariat public-privé, d’être présent sur toute la chaîne des diamants, de l’extraction à la commercialisation.

Si elle a duré un temps, cette association a été remise en cause par le successeur de José Eduardo dos Santos, João Lourenço, élu en 2017 sur la promesse de mettre fin à la corruption. Dès novembre 2017, soit deux mois après son investiture comme président, la société nationale avait annoncé sa volonté de se retirer de De Grisogono, une affaire « qui, depuis le début, n’a fait que générer des coûts pour Sodiam ». Cette dernière, qui n’a pas réagi dans l’immédiat, estime avoir perdu 200 millions de dollars.

« Les résultats n’étaient pas à la hauteur », a reconnu Sindika Dokolo, soulignant que l’ambition du projet nécessitait un investissement important sur le long terme pour fonctionner.

Basculant sur le terrain politique, l’homme d’affaires congolais a également dénoncé « l’ambiance générale de vendetta contre la famille dos Santos » à l’œuvre en Angola.

« Je ne sais pas si un observateur indépendant pourrait affirmer qu’il existe encore un Etat de droit dans le pays pour la famille dos Santos », a-t-il déclaré, prévoyant la condamnation de son beau-frère, José Filomeno dos Santos, au terme du procès de ce dernier pour fraude qui se tient depuis début décembre à Luanda.

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