Politique économique

Le Togo, bon élève du FMI et de la Banque mondiale, finance son déficit avec la privatisation de Togocom

Une rue de Lomé, capitale du Togo.

Une rue de Lomé, capitale du Togo. © Francisco Anzola

Fort des recettes provenant de la privatisation de Togocom, le pays finance cette année intégralement son déficit sans recourir à l’endettement. Ce budget rectificatif coïncide avec un soutien renouvelé du FMI et de la Banque mondiale. Le premier presse désormais Lomé de privatiser les deux banques publiques togolaises, l’UTB et la BTCI, et la seconde de continuer à faciliter l’investissement privé.

Le parlement togolais a adopté le jeudi 19 décembre un projet de loi de finances rectificatif qui augmente le budget de 3,5 %, à environ 2,5 milliards de dollars. Cette adoption intervient après la privatisation du groupe Togocom, dont la cession par l’État de 51 % du capital dégage un solde excédentaire de trésorerie de 71,6 milliards de francs CFA, qui finance « entièrement le déficit du solde budgétaire », explique le ministre de l’Économie et des finances, Sani Yaya.

Alors que le FMI a achevé mercredi 18 décembre sur une note de satisfaction sa dernière revue de l’économie togolaise, au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) conclue avec le pays en mai 2017, la Banque mondiale a approuvé le 16 décembre une enveloppe de 150 millions de dollars pour aider le pays à améliorer la gestion des finances publiques et de la dette, réduire le coût de l’électricité et promouvoir les énergies renouvelables.

Selon le FMI, « la reprise économique  du Togo se raffermit et devrait s’accélérer de 4,9 % en 2018 à 5,3 % en 2019 et à 5,5 % en 2020 ». Car si les crédits au secteur privé ont augmenté de 3,6 % en glissement annuel, l’inflation reste faible : à peine 0,4 % à fin septembre, là encore en glissement annuel. Le FMI attribue ainsi cette croissance à « l’effet de la demande intérieure », indique Razafimahefa Ivohasina, chef de l’équipe de mission.

L’endettement a diminué de 13 points en trois ans

Parallèlement, l’assainissement budgétaire entamé en 2017 reste soutenu, le déficit budgétaire global étant estimé à 2,2% du PIB à fin septembre 2019″. Principalement parce que les dépenses globales ont été inférieures aux prévisions. La dette publique totale, qui s’élevait à 81 % du PIB en 2016, est donc en baisse et devrait tomber sous la barre des 70 % fixée par l’UEMOA. Les autorités avançaient fin septembre un ratio de la dette au PIB à 68 %.

En trois ans, le Togo a déroulé une pile de réformes structurelles vigoureuses. Notamment la création et l’harmonisation des numéros d’identification fiscale, l’instauration de télé-procédures pour réduire les coûts, les retenues à la source et les cautionnements provisoires pour garantir le recouvrement des recettes, les contrôles internes pour lutter contre la corruption et la réduction des exonérations fiscales. Le FMI y salue « des mesures importantes […] prises pour promouvoir le consentement volontaire à l’impôt ». Seule ombre au tableau pour le FMI : « certains secteurs d’exportation montrent de légers signes de faiblesses », en raison de la fluctuation des prix mondiaux notamment pour le phosphate, le café et le coton.

Il est essentiel de parachever les réformes des deux banques publiques

S’il n’évoque pas la privatisation de Togocom dans son communiqué de fin de mission, le FMI regarde en revanche vers celles, en préparation, « des deux banques publiques » du Togo (Union togolaise des Banques [UTB] et Banque togolaise pour le commerce et l’industrie [BTCI]). L’institution considère qu’ « il est essentiel de parachever les réformes de ces deux banques publiques pour préserver la stabilité du secteur financier et réduire au minimum les risques pour le budget de l’État. Les créances en souffrance dans le secteur bancaire restent élevées et la priorité sera accordée au renforcement des cadres juridique et institutionnel pour le recouvrement de ces créances. »

De son côté, la Banque mondiale, par son financement, estime soutenir « le programme de réformes poursuivi par le gouvernement en vue de renforcer la gestion des finances publiques et de la dette et d’améliorer la viabilité financière du secteur énergétique. » Hawa Cisse Wague, représentante résidente de la Banque mondiale au Togo, explique que ce programme de réformes « devrait aussi favoriser une croissance plus inclusive », parce qu’il « permettra d’augmenter l’investissement privé et de créer des emplois de meilleure qualité ».

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