Politique

Centrafrique : l’ancien président François Bozizé est de retour à Bangui

Réservé aux abonnés | | Par et
Mis à jour le 08 janvier 2020 à 15h22
François Bozizé (RCA), président de la République centrafricaine, au palais de la Renaissance le 13 mars 2013, dix jours avant la prise de Bangui par les rebelles de la Seleka.   Photo de Vincent Fournier/Jeune Afrique

François Bozizé (RCA), président de la République centrafricaine, au palais de la Renaissance le 13 mars 2013, dix jours avant la prise de Bangui par les rebelles de la Seleka. Photo de Vincent Fournier/Jeune Afrique © Vincent Fournier/JA

François Bozizé, en exil depuis sa chute en 2013, est rentré à Bangui, a-t-on appris ce lundi. L’ancien président centrafricain, toujours sous sanction des Nations unies, prépare sa candidature à la présidentielle de décembre 2020.

C’est en toute discrétion que François Bozizé a fait son retour à Bangui, où Jeune Afrique a appris sa présence dans la matinée du 16 décembre. Accueilli par ses fidèles du Kwa Na Kwa (KNK), son parti, il s’est installé à son domicile de la capitale centrafricaine, selon une source proche de l’intéressé et contactée par JA.

L’ancien général s’est entretenu avec Bertin Béa, le secrétaire général du KNK, dimanche 15 décembre. Les équipes du KNK se sont ensuite réunies, lundi 16. Bozizé leur a demandé « de se tenir prêts », confie un partisan ayant assisté à la réunion. L’ancien président devrait prochainement s’exprimer publiquement.

François Bozizé a au préalable envoyé des émissaires dans la matinée du 16 décembre au palais présidentiel, pour informer le président Faustin-Archange Touadéra de sa présence. Touadéra absent, c’est son directeur de cabinet qui a reçu le message, dans lequel Bozizé affirme notamment souhaiter « contribuer au retour de la paix dans le pays ».

Toujours sous sanction

En exil depuis mars 2013, date de son renversement par la Séléka de Michel Djotodia, François Bozizé n’avait pas abandonné l’espoir de rentrer en Centrafrique. En Ouganda, il consacrait depuis plusieurs années déjà ses journées à favoriser un retour, plaidant tour à tour auprès de l’Union africaine ou des Nations unies.

Ces dernières l’avaient mis sous sanctions en 2014 pour avoir soutenu des milices, tout comme le coordinateur des milices anti-balakas Levy Yakété et le chef de guerre Nourredine Adam. Ces sanctions n’ayant pas été levées, Bozizé a donc toujours officiellement l’interdiction de voyager et ses avoirs restent gelés.

François Bozizé est également sous le coup d’un mandat d’arrêt international, lancé le 29 mai 2013 par la Centrafrique pour, notamment, « crimes contre l’humanité et incitation au génocide », « des crimes relevant du statut de la Cour pénale internationale (CPI) », avait précisé le procureur centrafricain de l’époque.

Un retour préparé et risqué

François Bozizé est en outre toujours visé par une circulaire interdisant aux compagnies aériennes atterrissant à Bangui de le prendre en charge sur leurs vols à destination de la Centrafrique. Selon l’ancien Premier ministre Nicolas Tiangaye, qui est également l’avocat de Bozizé dans ce dossier, le tribunal administratif doit se prononcer prochainement sur la levée ou non de cette sanction.

Comment l’ancien président est-il rentré en Centrafrique, si ce n’est par voie aérienne ? « Il lui restait la voie fluviale et la route », confie un proche, qui n’en dira pas plus. « Les données de son retour sont confidentielles », glisse un autre partisan au sein du KNK.

« Les sanctions de l’ONU ne sont pas encore levées. Nous ne désespérons pas qu’elles le soient afin que la communauté Internationale adopte une posture plus équilibrée et non partisane dans la prochaine compétition électorale », poursuit notre source dans le camp Bozizé.

« Plusieurs personnes sous sanction de l’ONU, certains chefs de guerre notamment, vont et viennent en Centrafrique depuis des années sans être ni appréhendées ni inquiétées. Ce serait le comble si un zèle soudain ne visait que la personne de Bozizé. Il y a toujours un risque, mais un risque calculé », ajoute-t-elle.

Vers la présidentielle 2020

François Bozizé n’a jamais caché, ces derniers mois, son intention de peser dans la prochaine élection présidentielle, prévue fin décembre 2020. En contact régulier avec Bertin Béa, il avait replacé le KNK dans l’opposition ferme à Faustin-Archange Touadéra . En août, le parti critiquait notamment les « scandales financiers », la « mauvaise gouvernance économique et financière », « les actes de corruption à la mairie de Bangui », etc.

Bozizé sera-t-il candidat en décembre 2020 ? « Oui à 95% », répond notre source au KNK, « sauf contraintes légales nationales ou internationales ». Son retour permet en tout cas de satisfaire à l’une des conditions du code électoral, qui dispose que tout candidat au scrutin présidentiel devra avoir résidé douze mois sur le territoire national avant la date de l’élection.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte