Sécurité

Niger : hommage aux soldats tués à Inates en prélude au sommet du G5 Sahel

Roch Marc Christian Kaboré, Idriss Déby Itno, Mahamadou Issoufou et Ibrahim Boubacar Keïta, le 15 décembre 2019 lors d’un hommage rendu aux 71 soldats nigériens tués dans l’attaque d’Inates.

Roch Marc Christian Kaboré, Idriss Déby Itno, Mahamadou Issoufou et Ibrahim Boubacar Keïta, le 15 décembre 2019 lors d’un hommage rendu aux 71 soldats nigériens tués dans l’attaque d’Inates. © DR / Présidence nigérienne.

Roch Marc Christian Kaboré, Mahamadou Issoufou, Ibrahim Boubacar Keïta et Idriss Déby Itno se sont inclinés dimanche à Niamey sur les tombes des 71 soldats morts dans l’attaque d’Inates, en prélude un sommet extraordinaire du G5 Sahel auquel participe également Mohamed Ould Ghazouani.

« Nous sommes venus présenter nos condoléances au peuple nigérien et encourager l’armée du Niger », a déclaré dimanche le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, dont le pays assure la présidence tournante du G5 Sahel, à l’issue d’une courte cérémonie d’une dizaine de minutes et d’une prière devant le monument érigé à la mémoire des 71 soldats nigériens tués dans l’attaque d’Inates.

Le président burkinabè, ses homologues nigérien Mahamadou Issoufou, malien Ibrahim Boubakar Keïta et tchadien Idriss Deby Itno se sont brièvement recueillis devant les deux rangées de tombes alignées sur une plusieurs dizaines de mètres, fraîchement recouvertes de monticules de terre ocre, dans « le carré des martyrs » de la base aérienne 101 de l’armée nigérienne à Niamey, où les soldats ont été enterrés vendredi.

Un grand panneau griffé du drapeau orange, blanc et vert du Niger a été planté avec l’inscription: « Reposez en paix, digne et valeureux fils du pays, la Patrie vous sera éternellement reconnaissante ».

Les 71 soldats nigériens ont péri dans l’attaque du camp militaire d’Inates, dans l’ouest du Niger, près de la frontière malienne, perpétrée mardi.

Un sommet pour « se concerter »

Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou, Roch Marc Christian Kaboré, Idriss Déby Itno et Mohamed Ould Ghazouani, lors du sommet du G5 Sahel à Niamey, le 15 décembre 2019.

Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou, Roch Marc Christian Kaboré, Idriss Déby Itno et Mohamed Ould Ghazouani, lors du sommet du G5 Sahel à Niamey, le 15 décembre 2019. © DR / Présidence du Niger.

Les chefs d’État du G5 Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad) ont annoncé samedi la tenue d’un sommet extraordinaire pour « se concerter » après cette attaque sanglante, la plus meurtrière de l’histoire de ce pays, qui a été revendiquée par les jihadistes du groupe État islamique. Le Niger a décrété un deuil national de trois jours, de vendredi à dimanche.

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani, qui n’était pas présent à la cérémonie, est arrivé quelques heures plus tard pour assister au sommet, initialement prévu à Ouagadougou, mais délocalisé à Niamey, en signe de solidarité après la tragédie d’Inates.

« En accord avec mes homologues du G5 Sahel, nous avons décidé de délocaliser notre sommet initialement prévu à Ouagadougou demain 15 décembre à Niamey pour témoigner notre entière solidarité au peuple nigérien », avait expliqué samedi le président Kaboré sur son compte twitter.

Malgré la présence des forces françaises de l’opération Barkhane (4 500 soldats), régionales (G5 Sahel), des Casques bleus de la Minusma déployés au Mali, ainsi que de forces américaines, le Sahel fait l’objet d’attaques jihadistes de plus en plus fréquentes.

Lancée en 2015 et réactivée en 2017, la Force conjointe du G5 Sahel, devait compter 5 000 hommes pour lutter contre les jihadistes dans les zones frontalières entre les pays membres. Mais elle peine à monter en puissance.

Quartier général de la force conjointe G5 Sahel basée à Sévaré, en octobre 2017.

Quartier général de la force conjointe G5 Sahel basée à Sévaré, en octobre 2017. © Flickr / MINUSMA/Harandane Dicko

Les donateurs du G5 Sahel n’ont pas tenu leurs engagements et on nous a refusé un mandat offensif de l’ONU

En novembre dernier, en marge d’un sommet sur la sécurité organisé à Paris, les présidents maliens, tchadiens et nigériens avaient uni leurs voix pour regretter cet état de fait. « Nous avons créé le G5 Sahel, ce qui est une bonne chose. Mais aujourd’hui, il n’est pas du tout opérationnel », avait notamment constaté Idriss Déby Itno.

Le président tchadien avait également souligné que « les donateurs du G5 Sahel n’ont pas tenu leurs engagements et on nous a refusé un mandat offensif de l’ONU. Résultat, les soldats sont là mais ils sont l’arme au pied, (…) face à des terroristes qui sont mieux armés qu’eux ».

« Mon pays, qui a une frontière avec la Libye, avait alerté les Occidentaux du danger d’intervenir dans ce pays, pourtant j’ai appris l’intervention contre Mouammar Kadhafi à la radio », avait pour sa part rappelé le président nigérien, Mahamadou Issoufou, avant de conclure : « Pourtant, aujourd’hui, c’est mon pays qui gère encore les conséquences de la crise libyenne ».

Le Drian justifie le sommet de « clarification » en France

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en juillet 2018.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en juillet 2018. © Hassene Dridi/AP/SIPA

On n’a pas convoqué, on a provoqué cette réunion

« Cette menace (jihadiste, ndlr) est là, permanente et il y a un arc de groupes terroristes qui est en train de se constituer », a pour sa part constaté ce dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d’une émission sur la radio France Inter.

« Il y a les risques d’extension de ces groupes terroristes vers le Tchad, vers le Nigeria », a estimé le ministre français, ajoutant qu’« il y a aussi les groupes terroristes qui fonctionnent en Libye. Tout cela fait un arc des groupes terroristes qui peuvent remonter jusqu’au Levant. »

Le ministre français a par ailleurs de nouveau justifié la nécessité d’un sommet, en France, avec les chefs d’Etat du G5 Sahel – initialement prévu le 14 décembre, et repoussé en janvier – afin que ceux-ci « clarifient » leurs positions sur la force française Barkhane.

Ce sommet, annoncé par le président français Emmanuel Macron sur fond de montée du sentiment antifrançais dans la région, a été perçu comme une « convocation » par beaucoup dans les pays concernés. « Il paraît logique qu’à un tel moment, le président de la République dise “autour de la force Barkhane il faut quand même qu’on fasse une clarification”. Je vous invite à venir à Pau », a défendu Jean-Yves Le Drian. « On n’a pas convoqué, on a provoqué cette réunion », a-t-il assuré.

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