Diplomatie

Au Forum de Doha, Moussa Faki dénonce la marginalisation de l’Afrique à l’ONU

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, lors du Forum de Doha, au Qatar, le 14 décembre 2019.

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, lors du Forum de Doha, au Qatar, le 14 décembre 2019. © DR / Moussa FAKI / UA

Le président de la commission de l’Union africaine a dénoncé lors du Forum de Doha, au Qatar, la marginalisation de l’institution panafricaine sur les questions qui la concernent.

Il n’était pas venu pour délivrer un discours consensuel de conférence internationale. Lors d’une des principales sessions plénières du Forum de Doha, qui se tient du 14 au 15 décembre, Moussa Faki a pris la parole pendant un débat portant sur une nouvelle gouvernance dans un monde multipolaire.

« La place de l’Afrique n’est pas entièrement reconnue »

Après une première intervention de Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, ministre qatari des Affaires étrangères, le président de la commission de l’Union africaine s’est à son tour exprimé, en français.

« L’Afrique constitue plus du quart des membres des Nations unies, mais qu’il s’agisse de la paix, de développement économique ou du changement climatique, la place de l’Afrique n’est pas entièrement reconnue. Ce qui est extrêmement grave », a-t-il déclaré.

Il a également rappelé que, sur la question du maintien de la paix, 60% à 70 % des dossiers qui sont sur la table du Conseil de sécurité des Nations unies relèvent de questions africaines, citant notamment le Mali, la RDC et la République centrafricaine.

« Le modèle ancien de maintien de la paix a montré ses limites, a poursuivi Moussa Faki. L’Afrique aujourd’hui n’a pas de problèmes entre ses États. Les problèmes sont le terrorisme, la criminalité transfrontalière et les trafics en tout genre. Et notre constat, c’est que le point de vue de l’Union africaine n’est pas pris en compte. »

Le président de la commission de l’Union africaine a également fait valoir les atouts de son institution en matière de maintien de la paix, notamment au Soudan récemment, insuffisamment reconnus par la communauté internationale selon lui.

Bataille entre l’UA et l’ONU sur la Libye

Lors du débat pendant lequel est intervenu le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, lors du Forum de Doha, au Qatar, le 14 décembre 2019.

Lors du débat pendant lequel est intervenu le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki, lors du Forum de Doha, au Qatar, le 14 décembre 2019. © DR / Moussa FAKI / UA

On ne permet pas à l’organisation à laquelle appartient la Libye de contribuer à la solution

« Il y a cinq membres au Conseil de sécurité de l’ONU, un seul d’entre eux peut bloquer une décision qui affecte 1,2 milliard d’habitants. Ce sont des inepties ! En principe, la charte des Nations unies reconnaît aux organisations régionales leur rôle, ce qui n’est malheureusement pas le cas. »

Alors que l’Union africaine plaide pour son intégration au processus politique libyen piloté par l’ONU, Moussa Faki a dénoncé la marginalisation de l’UA sur ce dossier : « Depuis huit ans, le pays est dans le chaos total. Et on ne permet pas à l’organisation à laquelle appartient la Libye de contribuer à la solution. Le problème libyen se traite en Europe et ailleurs, alors que l’Afrique a des mécanismes qui permettent d’aider à la résolution de ce problème. »

« L’Afrique c’est 1,2 milliards d’habitants, 30 millions de mètres carrés, des ressources naturelles immenses, une population à 70 % âgée de moins de 25 ans. Nous avons lancé il y a 6 mois la ZLEC, le plus grand marché au monde. Malgré ces potentialités, les règles sont définies par quelques États. Comment dans ces conditions vient-on parler d’une gouvernance mondiale ? », a-t-il conclu son discours.

C’était la première participation au Forum de Doha (le 19e) de Moussa Faki, qui a quitté la capitale qatarie dans la journée.

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