Justice

Gabon : Brice Laccruche Alihanga placé sous mandat de dépôt

Réservé aux abonnés | | Par - à Libreville
Mis à jour le 08 janvier 2020 à 15h20
Brice Laccruche Alihanga lors de sa prestation de serment de ministre, à Libreville, le 11 novembre.

Brice Laccruche Alihanga lors de sa prestation de serment de ministre, à Libreville, le 11 novembre. © PR

Déféré vendredi 13 décembre devant le juge d’instruction spécialisé de Libreville, l’ex-directeur de cabinet de la présidence gabonaise, Brice Laccruche Alihanga, a été placé en détention préventive notamment pour « détournement de fonds publics » et « blanchiment ».

Arrêté mardi 3 décembre, Brice Laccruche Alihanga (BLA) a été placé sous mandat de dépôt vendredi soir pour « malversations financières, détournement de fonds publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, concussion de faux et usage de faux », après être passé devant le juge d’instruction spécialisé, a appris Jeune Afrique de sources judiciaires.

L’éphémère ministre chargé du Suivi de la stratégie des investissements humains et des objectifs de développement durable rejoint à la prison centrale de Libreville son frère, Grégory Laccruche Alihanga, en détention préventive depuis une semaine pour « complicité de détournement, blanchiment et associations de malfaiteurs ».

Trois ex-ministres entendus

L’ancien ministre de l’Eau et de l’Énergie Tony Ondo Mba, l’ex-ministre du Pétrole Noël Mboumba, ainsi que l’ex-titulaire du portefeuille de l’Économie et des finances Roger Owono Mba, ont également été présentés devant le juge d’instruction spécialisé. Ils ont été placés eux-aussi sous mandat de dépôt, tard dans la soirée de vendredi.

BLA est poursuivi pour détournements de fonds, or il n’était pas ordonnateur de crédits ni comptable public. On aurait aimé avoir les faits

Les quatre prévenus sont désormais à la prison centrale de Libreville, en attente de leur procès devant la Cour criminelle spéciale, une juridiction spécialisée créée en janvier 2018 lors de la précédente opération anti-corruption « Mamba », habilitée à statuer sur les dossiers de détournements de biens publics présumés impliquant des hauts fonctionnaires.

« Mon client est poursuivi pour détournements de fonds, or il n’était pas ordonnateur de crédits ni comptable public. On aurait aimé avoir les faits », a dénoncé l’avocat de Brice Laccruche Alihanga, Me Anges Kevin Nzigou, ajoutant que les autorités judiciaires n’avaient pas précisé le montant des malversations présumées.

L’opération Scorpion continue

La presse et de nombreux proches n’ont pas pu assister aux audiences, qui se sont déroulées dans le bâtiment de l’École nationale de la magistrature, dont l’entrée était barrée par plusieurs dizaines de membres des forces de l’ordre, en ce vendredi très pluvieux à Libreville.

Débutée il y a un mois environ, l’opération anti-corruption baptisée Scorpion – que certains qualifient de règlement de comptes politique – se poursuit. D’autres individus, actuellement recherchés par les services d’investigation et de sécurité, pourraient être très prochainement appréhendés, a appris Jeune Afrique de sources proches de l’enquête.

Au total, au moins treize hauts cadres ont été placés en détention préventive à la prison centrale de Libreville, pour « détournements de fonds » ou « complicité de détournement de fonds ».

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