Politique

Maroc : Mohammed VI désigne 35 personnalités chargées d’élaborer le nouveau modèle de développement

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Le roi Mohammed VI (au centre) réitérant son appel à élaborer un nouveau modèle de développement, dans son discours prononcé le 29 juillet 2019 à Tétouan (image d'illustration).

Le roi Mohammed VI (au centre) réitérant son appel à élaborer un nouveau modèle de développement, dans son discours prononcé le 29 juillet 2019 à Tétouan (image d'illustration). © AP/SIPA

Le roi Mohammed VI a nommé jeudi les 35 membres de la commission chargée de livrer en juin un rapport sur le nouvel modèle de développement du Maroc. Dans le panel, peu de surprises, mais plutôt des personnalités habituées à travailler dans des groupes de réflexion nationaux.

Les membres composant la commission spéciale sur le modèle de développement ont été désignés jeudi 12 novembre par le roi Mohammed VI. Le président de la commission, Chakib Benmoussa, ancien ministre de l’Intérieur et ambassadeur du royaume à Paris (un poste qu’il conservera), avait été nommé le 19 novembre. La commission livrera au souverain son rapport fin juin 2020.

La liste de 35 noms ne comporte pas beaucoup de surprises. La plupart des personnalités nommées sont connues et habituées à prendre la parole sur les questions liées au développement, à l’instar de l’enseignant et politologue Mohamed Tozy. Certains sont déjà membres d’institutions nationales, comme Hakima Himmich, professeure de médecine et figure de la société civile, présidente de l’Association de lutte contre le Sida (ALCS) et membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE) – dont le nouveau président, Ahmed Réda Chami, figure aussi dans la liste.

Une surprise : la nomination de Karim Tazi, administrateur de sociétés, patron tourné vers le continent africain mais aussi personnalité publique très indépendante, habitué aux sorties polémiques, n’hésitant pas à soutenir les oppositions islamistes et de gauche.

Dans la liste, on retrouve toutefois quelques profils « littéraires » inattendus : Rachid Benzine, islamologue, auteur, professeur à l’Université catholique de Louvain et à la Faculté de théologie protestante de Paris, mais aussi Driss Ksikes, intellectuel touche-à-tout, dramaturge, et même Fouad Laroui, romancier – et chroniqueur régulier à Jeune Afrique.

Politique et éducation

Certains ont des profils davantage technocratiques et politiques : Driss Jettou, l’ancien Premier ministre et puissant président de la Cour des comptes, l’ancien ministre de l’Industrie Ahmed Réda Chami, ainsi que Mostafa Terrab, PDG du groupe OCP, aujourd’hui doté d’une fondation et d’un think tank, le Policy Center for The New South, particulièrement actif sur les questions agraires. Un chargé de mission au cabinet royal est aussi appelé à donner son point de vue : Noureddine Omary, inspecteur des finances et ancien président de la Banque centrale populaire (BCP).

L’éducation et l’enseignement ont été souvent abordés lors des débats sur le modèle de développement

Des professionnels aux compétences reconnues en « formation et éducation » renforcent également le staff, comme Ghita Lahlou et Abdellatif Miraoui. La première, qui dirige l’École centrale de Casablanca, représente le secteur privé, tandis que le second, ancien président de l’Université Cadi Ayyad à Marrakech, le public. Rita El Kadiri, directrice générale de la Fondation Zakoura pour l’éducation, ajoute une touche « société civile ». L’éducation et l’enseignement sont des thèmes qui ont été souvent abordés lors des débats sur le modèle de développement.

Économistes reconnus

Quelques économistes viennent compléter le casting. Parmi eux, on retrouve notamment trois voix originales et pointues : Noureddine El Aoufi, professeur de sciences économiques à l’Université Mohammed V de Rabat, président de l’Association marocaine des sciences économiques, reconnu pour sa culture économique plutôt marquée à gauche, Larbi Jaidi, économiste et professeur universitaire, et Youssef Saadani, jeune économiste réputé brillant et discret, ancien cadre à Bank Al-Maghrib et directeur des études économiques à la Caisse des dépôts et de gestion (CDG).

En août 2019, Mohammed VI insistait sur la nécessité de se doter d’un nouveau modèle de développement, après avoir demandé en octobre 2017 puis en octobre 2018, devant le Parlement, l’ouverture d’une réflexion « d’envergure nationale » sur le sujet. Le modèle marocain ne permettant plus, selon lui, « de répondre aux demandes et aux besoins croissants des citoyens ni de réduire les inégalités sociales et les disparités spatiales ».

Depuis, un certain nombre d’institutions et de partis politiques ont entamé un effort de production autour de la question du modèle de développement, les médias embrayant pour nourrir le débat.

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