Diplomatie

Niger : au moins 71 militaires tués à Inates, Emmanuel Macron reporte le sommet de Pau

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 12 décembre 2019 à 09h20
Le président nigérien Mahamadou Issoufou a interrompu sa participation à la Conférence sur « la Paix Durable, la Sécurité et le Développement en Afrique » qui se tient en Égypte pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à Inates le 10 décembre 2019.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a interrompu sa participation à la Conférence sur « la Paix Durable, la Sécurité et le Développement en Afrique » qui se tient en Égypte pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à Inates le 10 décembre 2019. © DR / Twitter officiel de la présidence du Niger

L’attaque survenue mardi contre le camp d’Inates, dans l’Ouest, a causé à l’armée nigérienne sa plus lourde perte depuis 2015. Elle a entraîné le report du sommet entre la France et les pays du Sahel à « début 2020. »

Avec un bilan revu à la hausse, l’attaque survenue mardi contre le camp d’Inates constitue la plus lourde perte infligée à l’armée nigérienne depuis que le pays fait face au défi jihadiste.

« Malheureusement, on déplore le bilan suivant : 71 militaires tués, 12 blessés, des portés disparus, et un nombre important de terroristes neutralisés », selon un communiqué du ministère de la Défense, lu à la télévision nationale.

Issoufou de retour d’Égypte

« Les combats », qui ont duré trois heures, ont été « d’une rare violence combinant des tirs d’artillerie et l’emploi de véhicules kamikaze par l’ennemi », a ajouté le ministère, estimant le nombre de « terroristes lourdement armés » à « plusieurs centaines ».

Un précédent bilan de source sécuritaire faisait état de plus de 60 morts, précisant que « les terroristes ont pilonné le camp à l’aide d’obus », et que beaucoup de victimes étaient décédées dans des explosions de dépôts de munitions et de carburant.

« Le Président de la République a interrompu sa participation à la Conférence sur « la Paix Durable, la Sécurité et le Développement en #Afrique » qui se tient en Égypte pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à Inates. », a indiqué la présidence sur Twitter.

Il présidera jeudi une réunion du Conseil national de sécurité, a-t-elle ajouté.

État d’urgence

Inates se situe au coeur d’une région en proie à la contrebande et aux trafics. La base militaire y avait déjà été ciblée le 1er juillet quand 18 soldats nigériens y avaient perdu la vie, dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique.

Mardi, le conseil des ministres nigériens avait prorogé pour une période de trois mois l’état d’urgence décrété depuis 2017 dans plusieurs départements pour lutter contre les attaques jihadistes.

Cette mesure accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité sur les théâtres des opérations, dont celui d’ordonner des perquisitions de nuit comme de jour dans un domicile. En outre, elle limite les déplacements dans les espaces concernés. Depuis octobre, il est aussi formellement interdit aux organisations humanitaires de se rendre dans certaines zones sans escorte militaire.

Le sommet de Pau reporté

En accord avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, le président français Emmanuel Macron a annoncé le report au « début de l’année 2020 » du sommet avec les dirigeants des cinq pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie) initialement prévu le 16 décembre.

Ce sommet doit avoir lieu à Pau, ville du sud-ouest de la France où étaient basés la majorité des 13 soldats français décédés le 25 novembre dans un accident d’hélicoptères au Mali.

Emmanuel Macron avait annoncé le 4 décembre qu’il avait convié les présidents sahéliens à cette réunion pour qu’ils « clarifient » leur position sur la présence militaire française au Sahel, de plus en plus contestée par leurs opinions publiques.

Il avait souligné qu’il attendait d’eux qu’ils « assument » publiquement le fait que les soldats français sont au Sahel à la demande des pays concernés, et non pas pour des « visées néocoloniales ».

Faute de quoi, avait-il indiqué, il en tirerait toutes les conséquences. L’Élysée a précisé mercredi que toutes les options étaient sur la table, y compris un retrait des 4.500 hommes des troupes française de la force Barkhane, qui depuis quatre ans luttent contre les groupes jihadistes au Sahel.

Une partie de l’opinion publique sahélienne attribue la dégradation sécuritaire à la présence même des troupes étrangères. En novembre, l’état-major burkinabè avait même mis en garde les avions français qui survoleraient intempestivement son territoire.

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