Technologie

Logiciels : après le Gabon, la société marocaine Involys veut partir à l’assaut de l’Afrique

Réservé aux abonnés | | Par - à Casablanca
Mis à jour le 11 décembre 2019 à 18h08
Involys a son siège à Casa Nearshore, à Casablanca

Involys a son siège à Casa Nearshore, à Casablanca © Sambasoccer27

Fortement liée au Gabon, où elle possède une filiale, mais également présente sur les marchés camerounais, sénégalais, tunisien et ivoirien, Involys a su convaincre AM Invest Morocco, son actionnaire principal, de franchir les 33 % du capital de cette PME qui ne cache pas ses ambitions sur le reste du continent.

L’action Involys a connu le mardi 3 décembre une opération assez importante à la Bourse de Casablanca. Sur le marché de bloc, la société AM Invest Morocco, déjà actionnaire de référence, s’est offerte 13 965 actions Involys, portant sa participation à 36,93 % du capital contre 32,33 % auparavant.

D’ici un an, le fonds d’investissement n’exclut pas de se renforcer à nouveau au tour de table de ce pionnier de l’édition de logiciels au Maroc. « AM Invest Morocco connaît très bien Involys et elle réitère à travers cette opération sa confiance en cette valeur. Involys est une entreprise qui rémunère assez bien généralement et dont le segment est fortement porteur, notamment en Afrique où ils sont présents depuis quelques années. Elle est très ambitieuse aussi bien au Maroc mais aussi et fortement à l’étranger », considère un analyste qui suit spécialement les valeurs technologiques.

Tournée vers le continent depuis 2011, Involys, qui a réalisé 43,4 millions de dirhams de chiffre d’affaires en 2018, est l’une des PME qui illustrent le mieux la stratégie marocaine (notamment économique) tournée vers le continent africain.

Le contrat avec l’État gabonais comme atout clé

Le portefeuille client de l’entreprise marocaine englobe des comptes au Cameroun, au Sénégal, en Tunisie, en Côte d’Ivoire mais aussi au Canada. Mais c’est au Gabon qu’elle réalise une grande partie de son chiffre d’affaires africain.

Via sa filiale au Gabon, l’entreprise qui édite et qui intègre ses propres logiciels de gestion a décroché un marché avec le gouvernement. Roger Owono Mba, ministre gabonais de l’Économie, des Finances et des Solidarités Nationales salue un « partenariat débuté en 2011 [qui] a abouti en mars 2013 à la signature du mémorandum de partenariat stratégique dans les systèmes d’information devant le roi du Maroc et le président de la République gabonaise », partenariat toujours d’actualité 8 ans plus tard.

Les autorités gabonaises avaient alors besoin de réformer pour rationaliser les dépenses et c’est la solution développée par l’entreprise marocaine qui a été choisie malgré une concurrence solide de la part des groupes français.

Grâce à nos solutions, les autorités gabonaises peuvent préparer les projets de loi de finances

« Le Gabon avait opté pour une gestion budgétaire orientée objectif et nous avons pu les aider à atteindre cet objectif. […] Grâce à nos solutions, les autorités gabonaises peuvent préparer les projets de loi de finances et connaître l’état d’avancement de chaque projet », explique à Jeune Afrique Mountasser Fassi Fihri, directeur général d’Involys.

Les pays d’Afrique centrale dans le viseur

Après cette expérience réussie, l’entreprise marocaine souhaite s’étendre dans d’autres pays subsahariens : les dirigeants d’Involys entament une tournée dans plusieurs pays à partir du mois de janvier. « Nous aimerions dupliquer ailleurs en Afrique ce modèle de collaboration réussie avec le gouvernement gabonais », avoue volontiers le DG de l’entreprise.

Dans un premier temps, Involys vise les pays de la zone Cemac. Car Involys maîtrise déjà les exigences monétaires de l’Afrique centrale grâce à sa première expérience au Gabon.

Si l’activité en dehors du Maroc représente actuellement en moyenne entre 40 et 45 % du chiffre d’affaires, l’ambition est de garder cette proportion tout en augmentant les revenus globaux.

Involys en quête d’agilité

Fondée en 1986, Involys est présidée depuis février dernier par Bassim Jaï Hokimi, un ancien PDG du groupe ONA, qui préside également le fonds d’investissement AM Invest Morocco, en remplacement de Mohammed Bachir Rachdi, le fondateur, nommé en décembre 2018 par le roi à la tête de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption.

Le nouveau dirigeant apporte avec lui une nouvelle vision, qui doit permettre à l’entreprise de continuer à prospérer dans un segment hautement concurrentiel : « Nous travaillons actuellement à rendre opérationnelle une organisation basée sur des business units (unités organisationnelle, ou unités commerciales). Cette nouvelle organisation apportera une plus grande agilité à Involys, lui permettant ainsi de mieux répondre aux exigences du marché. Elle nous facilitera également l’accès aux financements nécessaires à l’accélération du développement de la société », détaille le DG, qui a rejoint son poste en juillet dernier après quelques années en tant qu’administrateur de l’entreprise.

Le catalogue d’Involys comprend actuellement quatre solutions. Le produit phare est la solution de gestion budgétaire et des achats nommée Vectis, qui est commercialisée depuis plus de 20 ans et qui génère la plus grosse part du chiffre d’affaires.

Un effort de recherche et de développement

L’offre inclut également Praxis, solution de gestion et de valorisation du patrimoine immobilier et mobilier, Opéris, logiciel dédié au secteur de la promotion immobilière, et Stream, solution de gestion de projets. « Nous avons lancé des études pour définir une nouvelle plateforme technologique mais aussi pour identifier les tendances actuelles en matière de digitalisation. De nouvelles solutions sont ainsi susceptibles de voir le jour dans un avenir très proche », ambitionne ce dirigeant.

Involys veut donc désormais apporter un petit coup de pinceau à son catalogue : « Nous avons entrepris une refonte technologique et fonctionnelle de certains de nos produits pour les inscrire dans les tendances actuelles. L’objectif étant de pouvoir vendre nos solutions partout dans le monde sans avoir à en rougir… », espère Mountasser Fassi-Fihri.

Pour y arriver, Involys entend renforcer le budget de la recherche et développement. Le directeur général assure que les discussions avec ses équipes sont en cours pour définir le montant, mais préfère ne pas le divulguer.

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