Banque

Banques : des perspectives négatives pour les établissements africains en 2020, selon Moody’s

| Par Jeune Afrique
L'agence de notation financière Moody's, à New York.

L'agence de notation financière Moody's, à New York. © Mark Lennihan/AP/SIPA

L’agence de notation financière américaine vient de revoir à la baisse la perspective des banques africaines pour l’année 2020, de stable à négative, en raison de la dégradation des conditions d’exploitation et de la pression croissante exercée sur la qualité de leurs actifs.

Les perspectives pour 2020 des banques africaines sont passées de stables à négatives, reflétant l’affaiblissement de leur environnement économique et politique, affirme l’agence de notation Moody’s, dans un rapport publié ce lundi 10 décembre.

Si au niveau mondial aussi, les analystes de Moody’s estiment que les perspectives de croissance sont assombries en raison d’une « économie atone », d’un climat des affaires « négatif » et de l’incertitude commerciale, le constat pour l’Afrique est d’une teneur comparable. « La dette publique est élevée [environ 52 % du PIB, ndlr], et la croissance restera inférieure au potentiel [4,1 % prévue pour 2020, sous le niveau habituel de 6 %] et insuffisante pour accroître les niveaux de revenu par habitant, ou accroître la résistance économique », prévoit le rapport.

Notes souveraines dégradées, notations des banques plafonnées

Tensions commerciales, dépendance au matière premières, risques environnementaux et géopolitique… « La dégradation des conditions d’exploitation exerce des pressions sur la qualité du crédit des gouvernements, ce qui se répercute sur les banques en réduisant le volume d’affaires, en ralentissant la croissance du crédit et en augmentant les risques liés aux actifs », décrypte Constantinos Kypreos, vice-président senior chez Moody’s.

Ce risque lié aux actifs demeurera élevé estiment les analystes, en raison de l’augmentation des arriérés des gouvernements africains, de la forte concentration des prêts et des cadres juridiques favorables aux emprunteurs. Les banques continueront donc d’être fortement exposées à leurs notes souveraines respectives, au point que leurs notations sont plafonnées aux notes souveraines des États en raison de leur forte exposition à la dette publique.

Toutefois, sur le continent, la plupart des banques notées maintiennent de hauts niveaux de fonds propres. Les fonds et liquidités en monnaie locale resteront solides dans la plupart des pays, relèvent d’ailleurs Moody’s, qui souligne qu’un meilleur accès au dollar combiné à des règles prudentielles plus strictes pourrait permettre aux États de mieux résister à la pressions des devises étrangères.

Face à ce constat globalement pessimiste, Constantinos Kypreos précise toutefois que tous les États ne sont pas logés à la même enseigne. « Les banques d’Afrique du Sud, du Nigeria, de Tunisie et d’Angola seront confrontées aux plus grands défis », précise l’analyste, notamment en raison de la forte exposition de leurs dettes nationales au marché extérieur, et du ralentissement de leurs économies nationales. A contrario, « les banques égyptiennes, marocaines, mauriciennes et kenyanes seront plus résilientes », indique le rapport.

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