Diplomatie

RDC : l’UE maintient ses sanctions contre des proches de Joseph Kabila à l’exception de deux cas

Lambert Mende, ministre congolais des Médias, lros d'une conférence de presse à Kinshasa le 19 septembre 2016.

Lambert Mende, ministre congolais des Médias, lros d'une conférence de presse à Kinshasa le 19 septembre 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Le Conseil européen a annoncé lundi le maintien « des mesures restrictives individuelles » à l’encontre de plusieurs proches de Joseph Kabila. Quatorze personnes étaient visées, mais l’UE a décidé de lever les sanctions à l’encontre de deux d’entre elles : l’ancien porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, et l’ex-responsable de la sécurité intérieure au sein de l’ANR, Roger Kibelisa.

Après d’intenses tractations diplomatiques entre ses pays membres, le Conseil européen a officialisé, lundi 9 décembre, le maintien des sanctions qui visent depuis décembre 2016 et mai 2017 plusieurs personnalités congolaises accusées de graves violations des droits de l’homme et d’entrave au processus électoral. Au total, quatorze personnalités congolaises figuraient sur la liste, dont la plupart étaient de hauts gradés militaires et des personnalités politiques proches de l’ancien président Joseph Kabila.

L’UE finalement a décidé de renouveler les « mesures restrictives individuelles » – notamment le gel des avoirs et l’interdiction de visa pour l’UE – pour douze d’entre elles, mais a annoncé la levée de ces sanctions pour deux autres cas.

Si l’identité de ces deux hommes n’est pas révélée dans le communiqué, un diplomate européen déclare à Jeune Afrique qu’il s’agit de l’ancien porte-parole du gouvernement Lambert Mende et l’ex-responsable de la sécurité intérieure au sein de l’Agence nationale de renseignement (ANR), Roger Kibelisa. « Les deux personnes retirées de la liste avaient fait l’objet de mesures restrictives individuelles en décembre 2016 (Kibelisa) puis mai 2017 (Mende) au titre des responsabilités qu’ils occupaient, et pour avoir fait obstacle à une solution consensuelle et pacifique en vue des élections. Ils ne leur est pas reproché, contrairement aux autres personnes de la liste, d’avoir été impliqués dans des violations graves contre les droits humains », précise notre diplomate européen.

Je continue à désapprouver ce qui est une mise sous tutelle d’un pays indépendant

La défense des personnes sanctionnées précise que la plupart des personnalités politiques visées pouvaient être concernées par une levée des sanctions, mais que seules deux d’entre elles ont été retenues. « Les chancelleries n’étaient pas toutes d’accord sur les noms », assure-t-elle.

Contacté par Jeune Afrique, Lambert Mende reste très critique à l’égard de l’UE. « Je continue à me questionner sur la nature des relations que mon pays entretient avec l’Europe et je continue à désapprouver ce qui est une mise sous tutelle d’un pays indépendant, a-t-il dénoncé. Personne ne peut être condamné, comme cela a été la cas ces trois dernières années, sans avoir le droit de se défendre ».

Félix Tshisekedi en faveur d’un « assouplissement »

Ces sanctions avaient été renouvelées en décembre 2018 à la veille de l’élection présidentielle, malgré l’intense bras de fer engagé à l’époque par l’administration de Joseph Kabila. Depuis son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi s’était prononcé en faveur d’un allègement de ces sanctions.

« Ces personnalités font aujourd’hui partie de la coalition que nous avons formé. Si nous voulons que les choses se passent bien, nous ne pouvons que plaider en faveur d’une sorte d’assouplissement. Sauf évidemment si les raisons des sanctions sont autres que la crise politique que nous avons traversé, des violations des droits de l’homme par exemple », avait-il déclaré au journal Le Soir lors de sa visite en Belgique, en septembre.

Considérant que l’élection présidentielle a donné lieu à « une alternance pacifique historique », le cabinet d’avocats Daldewolf, qui représente les personnalités visées, avait demandé fin octobre la levée de ces mesures qui, selon eux, n’étaient plus d’actualité.

Plusieurs associations de la société civile avaient toutefois martelé l’importance d’un renouvellement de ces sanctions, critiquant le fait que plusieurs personnalités concernées occupent toujours de hautes fonctions dans l’armée.

Dans son communiqué, le Conseil européen précise qu’il « réexaminera à nouveau les mesures restrictives au vu de l’évolution de la situation et se tient prêt à les adapter en conséquence ». Restent donc concernés par ces mesures les personnalités suivantes : Ilunga Kampete, Gabriel Amisi Kumba, Ferdinand Ilunga Luyoyo, Célestin Kanyama, John Numbi, Delphin Kaimbi, Evariste Boshab, Alex Kande Mupompa, Jean-Claude Kazembe, Emmanuel Ramazani Shadari, Éric Ruhorimbere et Kalev Mutond.

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