Agroalimentaire

La Côte d’Ivoire dans le tiercé des producteurs africains de coton

Vue d'une usine textile en Côte d'Ivoire.

Vue d'une usine textile en Côte d'Ivoire. © Émilie Regnier pour Jeune Afrique

Réformée et soutenue par l’État, la filière coton est en pleine renaissance et fait entrer la Côte d’Ivoire dans le top 3 des producteurs africains d’or blanc.

Le gouvernement ivoirien a mis en place, cette année, une subvention de 21 milliards de F CFA pour la campagne 2019-2020, afin de soutenir la production de coton et de noix de cajou, essentiellement cultivés dans le nord du pays.

Une annonce faite fin novembre par le chef de l’État Alassane Ouattara, lors d’une visite dans la ville de Katiola (centre-nord du pays). Ce fonds est constitué d’une facilitation à l’acquisition d’intrants et d’engrais pour les paysans, et surtout d’un soutien au prix pour permettre aux entreprises de payer le prix bord champ fixé à 300 F CFA le kilogramme.

Depuis quelques saisons en Côte d’Ivoire, la filière coton est en pleine renaissance. Le pays a rejoint le top trois des producteurs africains d’or blanc. La production de coton a atteint 470 469 tonnes sur la saison 2018-2019, et les prévisions de la campagne en cours sont estimées à plus de 500 000 tonnes.

Bonnes conditions météo

La Côte d’Ivoire se hisse ainsi à la troisième place continentale derrière le Bénin et le Mali (respectivement 700 000 et 660 000 tonnes), en surclassant le Burkina Faso, son voisin qui stagne à 430 000 tonnes, en raison notamment d’incursions terroristes dans ses zones de production.

Favorisé par de très bonnes conditions météorologiques, le rendement ivoirien à l’hectare est passé de 700-900 kilogrammes, il y a trois ans, à en moyenne à 1 200 kilogrammes.

« Nous avons entamé une réforme en décembre 2018, après que le président Alassane Ouattara a pris un décret instaurant le zoning. Ce système divise les zones de production en six parties, chacune étant attribuée à un opérateur de la filière, qui en devient ainsi responsable », a confié à Jeune Afrique le docteur Adama Coulibaly, directeur général du Conseil Coton Anacarde (CCA), le gendarme de la filière, soulignant que cette nouvelle configuration avait soutenu la production.

Six opérateurs se partagent les régions de production

Le zoning a consisté à redécouper et distribuer à chacun des opérateurs un périmètre dont il a la charge intégrale, en matière d’organisation, d’encadrement des paysans et de récolte. Cette stratégie a pour objectif d’éviter des déperditions dans les étapes de production de la filière.

Six entreprises, la CIDT, la Compagnie ivoirienne de coton (COIC), Ivoire Coton (IC), la Société industrielle cotonnière des Savanes (Sicosa), la Société d’exploitation cotonnière Olam (Seco) et Global Cotton ont donc été désignées pour conduire le développement du secteur et coordonner l’activité des producteurs.

« Chaque société doit assurer la distribution des engrais, des plants à haut rendement et s’occuper de l’encadrement des paysans et des bonnes pratiques culturales », poursuit Adama Coulibaly. Les opérateurs sont d’ailleurs exposés à des sanctions en cas de non respect du cahier de charges conclu avec l’État.

Suspension de Sicosa 2.0

La société Sicosa 2.0, filiale du groupe italien I Cotoni Del Firello a été suspendue pour deux ans en mai 2019, à cause des rendements insuffisants constatés. Il a été reproché entre autres à la Sicosa 2.0, une insuffisance dans la couverture de la distribution d’intrants aux paysans de sa zone.

Les plants fournis aux producteurs avaient des rendements bas et la société devait des arriérés aux acteurs du secteur. Dans la foulée de sa suspension, cet opérateur a été remplacé par la Compagnie ivoirienne de coton.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte