Économie

Dette cachée du Mozambique : le principal accusé acquitté aux États-Unis

Le 9 octobre 2015 une statue en bronze de l'ancien Samora Machel dans la capitale Maputo

Le 9 octobre 2015 une statue en bronze de l'ancien Samora Machel dans la capitale Maputo © Christopher Torchia/AP/SIPA

Le principal accusé de l’affaire qui a mis le Mozambique au bord du précipice financier a été acquitté lundi à New York, après avoir mis en cause le président Filipe Nyusi lors de son procès.

Le verdict rendu par le jury d’un tribunal fédéral de Brooklyn est un camouflet pour les autorités américaines.

A l’origine d’un procès fleuve de six semaines, elles avaient choisi de poursuivre des faits commis hors des États-Unis par un accusé qui n’était pas citoyen américain.

« Nous sommes satisfaits et soulagés », a déclaré le principal avocat de Jean Boustani, Michael Schachter, à l’issue du verdict.

Accusé de corruption pour l’obtention, en 2013 et 2014, de trois contrats d’équipements majeurs, Jean Boustani, employé par le groupe de construction navale Privinvest, a reconnu avoir versé des millions de dollars à des officiels mozambicains, mais affirmé qu’il s’agissait de commissions légales, sans lien avec les contrats.

Lors du procès, le commercial libanais avait notamment affirmé avoir versé un million de dollars à l’actuel président du Mozambique, Filipe Nyusi, sous forme de contribution à sa campagne électorale, en 2014.

Association de malfaiteurs

Élu président en 2014 puis réélu le mois dernier, Filipe Nyusi était ministre de la Défense à l’époque des faits. Le parti au pouvoir, le Frelimo, a démenti l’implication du chef de l’Etat dans l’attribution frauduleuse de ces contrats, qui portaient sur la livraison de navires de pêche et de patrouilleurs militaires.

Jean Boustani était poursuivi aux Etats-Unis pour association de malfaiteurs, notamment en vue de blanchir de l’argent et de gruger des investisseurs américains. Pour financer les trois contrats, le Mozambique avait contracté des prêts à hauteur de quelque deux milliards de dollars auprès de deux banques, Crédit Suisse et la Russe VTB.

Ces prêts ont été tenus secrets par le gouvernement mozambicain, jusqu’à leur révélation en 2016, qui a valu au pays le retrait du soutien du Fonds monétaire international (FMI). Privé de financement international, le pays a fait défaut sur sa dette et sa monnaie, le metical, s’est effondrée. L’accusation reprochait à Jean Boustani et à trois co-accusés, anciens banquiers, d’avoir contribué à revendre une partie des prêts à des investisseurs américains, ce qui constituait le lien avec la justice américaine.

Les trois co-accusés avaient eux plaidé coupable avant le procès.

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