Banque commerciale

Coris Bank s’étend au Niger, et renforce le soutien aux PME avec une filiale mésofinance

Siège de Coris Bank à Ouagadougou, en novembre 2014.

Siège de Coris Bank à Ouagadougou, en novembre 2014. © DR

Le groupe financier burkinabè est désormais présent dans sept pays d’Afrique de l’Ouest, après voir lancé lundi 2 décembre les activités de sa filiale nigérienne. En ligne de mire, le financement des PME et des acteurs du secteur informel, qui représente près de 40 % du PIB du pays.

Pour Idrissa Nassa, l’arrivée de Coris Bank international (CBI) au Niger s’inscrit dans la continuité de sa stratégie fondée sur le financement des petites entreprises. « La filiale nigérienne va évoluer dans la logique de ce que fait le groupe dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Notre limite sera la maîtrise du risque au Niger », assure l’homme d’affaires burkinabè.

À la tête d’une poignée d’entrepreneurs burkinabè et de cadres de CBI, il a effectué lundi 2 décembre le déplacement à Niamey, s’affichant aux côtés du ministre nigérien de l’Économie, Mamoudou Diop, un ancien cadre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

L’économie nigérienne est l’une des plus informelles de la sous-région

Pour cette extension sur son septième marché d’Afrique de l’Ouest, le groupe fondé en 2008 sur les cendres de la Financière du Burkina, un établissement de crédit en pleine crise d’alors, parie sur le financement des PME et de l’économie nigérienne. « L’économie nigérienne est l’une des plus informelles de la sous-région, et les entreprises ne sont pas toujours bien structurées au regard du potentiel du pays. Cela signifie pour nous qu’elles ont des marges pour se développer », précise Idrissa Nassa.

Au Niger, le secteur informel représente entre 30 et 40 % du produit intérieur brut. Sur un modèle de banque universelle, le groupe Coris Bank International est positionné sur le segment des PME/PMI et la clientèle de particuliers. Tout en participant au financement de l’économie, il s’assigne pour objectif de contribuer à l’accroissement du taux de bancarisation de la population, qui s’avère faible (6 %) et en deçà de la moyenne de l’Uemoa », détaille la directrice générale de Coris Niger, Rakiatou Idé Issaka.

Une filiale de mésofinance voit le jour

Depuis Ouagadougou, la filiale Coris Mésofinance (CMF) va lancer ses activités mi-décembre, avec un capital initial de 1 milliard de francs CFA, apporté par Coris Holding (l’entité qui chapeaute également les filiales bancaires). Elle proposera des produits et services adaptés aux besoins des PME à travers tous les pays couverts par le groupe Coris Bank.

Moins de 10 % des financements accordés au secteur privé local vont aux PME

« Nous allons positionner CMF comme le véritable partenaire des PME en apportant des solutions concrètes à la demande de financement non couverte. Actuellement, moins de 10 % des financements accordés au secteur privé local vont aux PME. Or, ces dernières contribuent pour 30 à 40 % dans la formation du produit intérieur brut contre jusqu’à 50 voire 55 % dans les pays de l’OCDE », avait déclaré en septembre dernier à nos confrères de JAB+ Moussa Ouédraogo, promu patron de nouvelle entité.

À cheval entre la microfinance et la banque classique, le secteur de la mésofinance suscite la convoitise des grands groupes financiers africains. Sur le terrain, Coris Mésofinance aura fort à faire face à la concurrence de la filiale locale du français Microcred (renommé Baobab en 2018). Ce dernier, présent également en Tunisie, en Côte d’Ivoire et au Mali, a démarré ses activités au Burkina en 2017 et semble avoir pris une longueur d’avance.

Leader de la mésofinance en pleine expansion régionale, le groupe financier Cofina, fondé par l’Ivoirien Jean-Luc Konan et qui totalisait en mars dernier un bilan de 170 milliards de francs CFA, prépare également l’ouverture de sa filiale burkinabè.

Doté d’un capital de 500 millions de francs CFA, qui sera porté progressivement à 2 milliards de francs CFA, Cofina compte à son tour de table des privés locaux et surtout La Poste Burkina Faso, engagée dans une stratégie d’inclusion à large bande. Avec plus de 150 000 clients, Cofina affirme avoir accompagné près de 74 000 projets pour plus de 475 milliards de francs CFA de crédits.

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