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Une banque pour les PME tunisiennes

Objectif : promouvoir des projets créateurs d’emploi.

Par - Samir Gharbi
Mis à jour le 20 mars 2005 à 23:00

Après la Banque tunisienne de solidarité (BTS), créée en 1997 pour aider les microprojets, voilà la Banque de financement des petites et moyennes entreprises (BFPME). Ce genre d’établissement existe de longue date dans les pays industrialisés. Son lancement en Tunisie signifie que le tissu industriel local est suffisamment mûr et qu’il nécessite une réponse spécifique en matière de financement et d’accompagnement tout au long de la vie de l’entreprise : étude de marché sur des créneaux porteurs, analyse financière, suivi des projets, encadrement des promoteurs, garantie des risques…
Fondée le 1er mars dernier, la BFPME arrive donc à point nommé pour compléter le spectre du système bancaire tunisien qui compte déjà une vingtaine d’institutions. La nouveauté, c’est l’esprit qui anime cette nouvelle banque dont la gestion a été confiée à Abdessalem Mansour. À 55 ans, le PDG de la BFPME apporte une expérience des projets dans tous les secteurs. Titulaire d’une licence économique à Tunis (1971) et d’un Master de l’université américaine du Minnesota (1974), il a travaillé au ministère de l’Agriculture puis au Fonds koweïtien du développement, comme conseiller, et à la Société tuniso-saoudienne d’investissement, où il était directeur central des projets, avant de diriger l’Agence tunisienne de promotion des investissements de mai 1999 à mars 2005.
La BFPME répond à l’un des principaux soucis du gouvernement tunisien : promouvoir des projets créateurs d’emploi et de valeur ajoutée. Des projets bien ciblés dans les secteurs de pointe de l’industrie, de l’agriculture et des services. Dotée d’un capital initial de 50 millions de dinars (31 millions d’euros), elle devra très vite mobiliser des ressources humaines et financières pour cofinancer à hauteur de 20 % à 50 % des projets de taille moyenne dont le coût total varie de 0,1 million à 4 millions de dinars (62 000 à 2,5 millions d’euros).
« Nous voulons être à la fois différents et complémentaires des autres banques tunisiennes », explique Abdessalem Mansour. La BFPME devrait se distinguer par ses compétences et son envergure. Son objectif est de favoriser l’éclosion de nouveaux projets et l’expansion des PME existantes. Ses cadres, qu’elle est en train de recruter, devront être de très haut niveau : des ingénieurs et des analystes financiers maîtrisant les outils modernes et la langue anglaise. Les portes sont ouvertes aux Tunisiens qui exercent leur talent à l’étranger. Et il faut faire vite : le démarrage des opérations de prêts est prévu dès le mois de juin.