Politique

Élections locales au Cameroun : le vent de boycott se propage dans l’opposition

Réservé aux abonnés | | Par - à Yaoundé
Une femme vote lors de l'élection présidentielle au Cameroun, le dimanche 7 octobre 2018 (Image d'illustration).

Une femme vote lors de l'élection présidentielle au Cameroun, le dimanche 7 octobre 2018 (Image d'illustration). © Sunday Alamba/AP/SIPA

Après l’opposant Maurice Kamto, Joshua Osih du SDF et Cabral Libii du PCRN menacent à leur tour de se retirer de la course électorale. Les deux anciens candidats à la présidentielle ont chacun posé leurs conditions sans lesquelles leurs militants pourraient boycotter les élections législatives et municipales, le 9 février.

Le front du boycott des législatives et municipales du 9 février prochain gagne l’opposition. Deux jours après le retrait du Mouvement pour la renaissance (MRC) de Maurice Kamto, le Social democratic front (SDF) et le Parti pour la réconciliation nationale (PCRN) ont annoncé, ce 28 novembre, un possible boycott du scrutin, si des conditions de leur participation n’étaient pas réunies.

Cabril Libii, leader du PCRN, est le premier des deux opposants à avoir émis des réserves quant à la participation de son parti. L’ancien candidat à la présidentielle dénonce, tout comme le MRC, les blocages opérés par les agents de l’administration qui ont plombé le dépôt des dossiers de la moitié de ses candidats.

Fraude pré-électorale

« Des maires, majoritairement élus du parti au pouvoir RDPC, des sous-préfets, des chefs de centre des impôts, des responsables du Trésor, tous les signataires des pièces des dossiers des candidats ont mis en marche un processus de fraude pré-électorale, visant tout simplement à faire éliminer des candidats de l’opposition », a expliqué Cabral Libii au cours d’une conférence de presse donnée au siège de son parti.

Au vu de ce qu’il considère comme une « injustice », Cabral Libii souhaite qu’un délai supplémentaire de 15 jours soit donné aux candidats afin compléter de leurs dossiers, et faire acte de candidature. « J’ai invité le conseil électoral à prendre des mesures importantes. Je lui ai notamment demandé de convoquer une session d’urgence afin de rouvrir les dépôts des pièces des dossiers pour traiter cette injustice. En l’absence d’une telle mesure visant à rééquilibrer le jeu politique, le PCRN pourrait se résoudre à ne plus participer aux élections du 9 février 2020 », menace-t-il.

Régions anglophones

Une condition différente de celle exprimée par Joshua Osih, dont le parti pourrait également abandonner la course aux sièges de députés et conseillers municipaux. Selon le premier vice-président du SDF, le climat dans les régions anglophones n’est pas de nature à permettre un déroulement serein du scrutin.

« À l’heure où je vous parle, nous avons 30 de nous militants qui sont détenus par les forces sécessionnistes, à cause de leur implications dans le processus électoral en cours », a-t-il rapporté, pointant les violences qui se poursuivent dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, par ailleurs fief du SDF. Des troubles qui pourraient s’amplifier à l’approche du scrutin, les milices sécessionnistes ayant interdit que les élections se tiennent en zone anglophone et menacé de représailles quiconque y prendra part.

Nous ne pouvons pas marcher sur des cadavres pour aller au parlement

Le SDF veut cependant garder espoir que des actions d’apaisement pourront être menées dans ces régions, condition sine qua non de sa participation. « Nous ne pouvons pas marcher sur des cadavres pour aller au parlement. Nous demandons au président de la République de tout faire pour que la paix revienne dans les régions anglophones avant le 9 février, notamment en mettant en place le statut spécial adopté à l’issue du Grand dialogue national. Faute de quoi, le SDF prendra ses responsabilité », a-t-il affirmé.

A l’issue du dépôt des candidatures, dont le délai avait été fixé pour le 25 novembre, une vingtaine de partis politiques avaient présenté des candidats aux législatives et aux municipales. Un éventuel boycott des trois principaux partis d’opposition devrait cependant jeter du discrédit sur ce scrutin dont l’impératif d’un report semble se dessiner.

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