Justice

Mali : les dessous de l’interpellation de l’avocat Hassan Barry, entendu pour « complicité avec les terroristes »

Une voiture du don des USA à l'armée malienne tombée aux mains d'Ansar Eddine

Une voiture du don des USA à l'armée malienne tombée aux mains d'Ansar Eddine © Baba Ahmed pour JA

L’arrestation puis le placement sous contrôle judiciaire pour « complicité avec les terroristes » du célèbre avocat malien Hassan Barry a suscité une vive polémique dans le pays. Au cœur du dossier, des « négociations » ouvertes par Bamako avec Amadou Koufa, le chef de la Katiba Macina.

Tout commence le 20 novembre, lorsque deux hommes se présentent au cabinet de Me Hassan Barry. Ils sollicitent ses services pour obtenir une autorisation en vue de rendre visite à trois détenus de la maison d’arrête de Bamako, qu’ils présentent comme étant des parents. Jusque-là, rien d’extraordinaire.

Sauf que, parmi ces trois prisonniers – tous arrêtés par l’armée malienne le 2 août dernier à Boulkessi – , figure un certain H. Dicko. Ce dernier serait le frère de Jafar Dicko, le chef de la Katiba Ansarul Islam, un groupe jihadiste qui sévit au Burkina Faso et au Mali.

L’avocat les accompagne devant le service judiciaire qui délivre les autorisations de visite, mais celui-ci étant fermé lorsqu’ils arrivent, les trois rebroussent chemin. Hassan Barry remonte dans sa voiture, et ses deux clients prennent un taxi. Ce qu’Hassan Barry ne sait pas, alors, c’est que l’un des deux hommes a été placé sous surveillance par les services de renseignement.

Ils sont arrêtés « le 21 novembre vers 17 h au grand marché de Bamako », selon une note que la Direction générale de la sécurité d’État (DGSE) transmettra quelques jours plus tard à des journalistes. La DGSE présente alors les deux hommes comme « d’importants soutiens logistiques d’Ansarul Islam ».

Dialogue avec les terroristes ?

« Ils ont été interrogés, et nous avons pu déterminer qu’ils étaient là pour acheter du matériel, faire du repérage pour d’éventuels attentats à Bamako et négocier la libération de plusieurs cadres de leur organisation », assure à Jeune Afrique une source sécuritaire. Dans un message diffusé vendredi, la Sécurité d’État précise que ces arrestations « permettront également d’élucider certains cas de libération et d’acquittement étonnants de dangereux terroristes survenus lors des dernières assises ».

Au cours de l’interrogatoire, le nom Me Hassan Barry est cité. Les deux hommes, qui sont actuellement en détention, auraient affirmé avoir donné de l’argent à l’avocat pour obtenir la libération de plusieurs détenus.

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