Politique économique

Togo – Ronke-Amoni Ogunsulire : « La SFI entend apporter son expertise au Plan national de développement »

| Par - à Lomé
Mis à jour le 12 décembre 2019 à 18h20
Ronke-Amoni Ogunsulire

Ronke-Amoni Ogunsulire © IFC

La Société financière renforce sa présence en Afrique avec l’ouverture d’une représentation permanente en Angola, au Bénin et au Togo. Dans ce dernier pays, l’institution de la Banque mondiale souhaite apporter son expertise pour atteindre l’objectif de 65 % d’investissements privés pour le Plan national de développement.

La Société financière internationale (SFI), branche privée du Groupe de la Banque mondiale, a inauguré fin octobre une représentation permanente à Lomé.

L’ouverture d’un bureau au Togo marque un rapprochement entre Lomé et la SFI, qui veut s’y impliquer davantage avec les entreprises du secteur privé.

Pour Ronke-Amoni Ogunsulire, responsable des bureaux régionaux au Togo, Bénin, Burkina Faso, Ghana et Niger, en fonction depuis Accra, le « Togo est un pays important dans la stratégie de la SFI en Afrique ».

JA : La Société financière internationale a ouvert fin octobre un bureau à Lomé. Pourquoi le choix du Togo, et maintenant ?

Ronke-Amoni Ogunsulire : L’ouverture de notre bureau au Togo vient en même temps que celle de nos locaux au Bénin (à Cotonou) et en Angola (à Luanda). À l’évidence, la SFI accroît sa présence en Afrique. C’est logique quand on sait que l’Afrique est au cœur des priorités de notre institution.

Le Togo est un pays important dans la stratégie de la SFI en Afrique. Nous voulons donc y renforcer notre présence. Cela dit, le marché togolais n’est pas nouveau pour la SFI.

Au cours de la dernière décennie, la SFI a investi plus de 600 millions de dollars au Togo, dans les secteurs de l’énergie, des marchés financiers, de la production de ciment, la logistique et la santé.

Nous avons fourni également des services conseil dans ce pays, qui appuient notamment les efforts du gouvernement togolais pour améliorer l’environnement des affaires du pays.

Aujourd’hui, quel est le poids du secteur privé togolais ? Sur quels leviers souhaite agir la SFI ?

Le secteur privé au Togo est en croissance. Pour soutenir cette croissance, nous examinons un large éventail de secteurs, notamment l’accès des PME au financement, à l’énergie et à l’amélioration de l’environnement des affaires du pays.

En ce qui concerne l’accès au financement, comme d’autres pays africains, la plupart des entreprises ici sont des PME. C’est pourquoi la SFI soutient plusieurs banques de la place pour financer principalement les PME. La SFI a également lancé récemment un programme de conseil dénommé Local Champions Project, qui est destiné aux PME prometteuses afin de les amener à un niveau leur permettant de bénéficier d’investissements d’institutions telles que la SFI.

En outre, nous avons soutenu le gouvernement togolais à préparer une stratégie d’accès universel à l’énergie d’ici à 2030, qui fait principalement appel au secteur privé. Nous soutenons la mise en œuvre de cette stratégie pour ce qui est de la fourniture d’énergie solaire à travers notre programme Scaling Solar. Mais nous pourrions éventuellement intervenir sur d’autres types d’énergies.

Nos services conseils vont continuer à appuyer le gouvernement togolais

En ce qui concerne l’environnement des affaires, nous saluons les progrès réalisés par le Togo dans le rapport Doing Business 2020. Le Togo progresse en effet de 40 places dans la facilité de faire des affaires et se classe 97e mondial sur cet indice. Nos services conseils vont continuer à appuyer le gouvernement togolais afin de poursuivre ces réformes.

En d’autres termes, l’ouverture d’un bureau à Lomé est-elle liée à l’objectif de mobilisation de financement par le secteur privé pour le Plan national de développement ? Ou c’est un fait indépendant ?

Le plan de travail de la SFI tient toujours compte des priorités du gouvernement. Au Togo, les priorités du gouvernement sont clairement définies dans le Plan national de développement. Ce plan doit être financé à 65 % par des investissements privés. C’est là que la SFI entend apporter son expertise. Nous pensons qu’avoir un bureau au Togo peut aider à atteindre cet objectif d’implication du secteur privé dans le financement du PND.

À combien peut-on chiffrer le portefeuille de la SFI au Togo ? Quels sont les secteurs ou domaines d’intervention ? Lesquels retiendront le plus votre attention ?

Le portefeuille d’engagements actuel de la SFI au Togo s’élève à 330 millions de dollars, qui représentent des investissements dans les secteurs de l’énergie, les marchés financiers et la logistique.

La SFI a financé un prêt de 116 millions de dollars et a mobilisé 160 millions de dollars supplémentaires auprès d’un consortium de financiers, au bénéfice de Lomé Container Terminal, un investissement qui a notamment permis de créer des centaines emplois directs et de dynamiser les échanges commerciaux entre le Togo, le reste de la sous-région ouest-africaine et le monde entier.

LCT a désormais la capacité d’accueillir des navires plus grands et de nouvelle génération. Cette plus grande efficience contribue à réduire les coûts pour les importateurs. LCT contribue ainsi de manière importante à réaliser l‘ambition du gouvernement togolais de positionner le pays comme centre logistique de référence.

En 2010, nous avons également investi à hauteur de 20 % dans ContourGlobal pour installer une centrale électrique de 100 mégawatts pouvant passer du fuel lourd au gaz.

Enfin, la SFI a investi environ 30 millions de dollars dans plusieurs banques locales pour financer principalement les PME.

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