Diplomatie

Soudan du Sud : toujours pas de gouvernement d’union nationale, Washington rappelle son ambassadeur

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir (à droite), serre la main de Riek Machar, un chef rebelle qui redevient son vice-président, sous les yeux du président ougandais Yoweri Museveni, le 7 juillet 2018 à Entebbe.

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir (à droite), serre la main de Riek Machar, un chef rebelle qui redevient son vice-président, sous les yeux du président ougandais Yoweri Museveni, le 7 juillet 2018 à Entebbe. © Sumy Sadurni/AFP

Les États-Unis ont rappelé leur ambassadeur au Soudan du Sud pour « réexaminer » les relations avec ce pays, en guerre après l’échec à former un gouvernement d’union nationale dans les délais prévus, a annoncé lundi le département d’État américain.

L’ambassadeur américain au Soudan du Sud, Thomas Hushek, est rappelé « pour consultations liées au récent échec des parties à former un gouvernement intérimaire d’union nationale », a déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine, Morgan Ortagus.

« Nous réexaminons notre relation avec le gouvernement du Soudan du Sud », a prévenu dans un tweet le secrétaire d’État Mike Pompeo.

Nouveau délai de 100 jours

Le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar avaient jusqu’au 12 novembre pour surmonter leurs différends et former ce gouvernement d’union, censé éviter que cet État indépendant ne replonge dans un conflit à grande échelle. Mais ils ont échoué et se sont fixés un nouveau délai de cent jours pour y parvenir.

À l’approche de la date-butoir, les États-Unis, qui ont été parmi les principaux soutiens de l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, avaient manifesté leur impatience, laissant planer la menace de sanctions si les dirigeants échouaient à former le gouvernement. Washington a « de nombreux outils à sa disposition et nous n’hésiterons pas à les utiliser », avait prévenu mi-novembre le haut responsable du département d’État chargé de l’Afrique, Tibor Nagy.

« Les deux dirigeants, et j’utilise des guillemets lorsque je parle de dirigeants, sont clairement assez satisfaits de la situation actuelle, avait-il déploré. La communauté internationale fournit de la nourriture, des médicaments et tous les biens de première nécessité, dont la responsabilité de l’approvisionnement revient normalement aux gouvernements. En gros, ils ne font rien. »

Les États-Unis donne environ un milliard de dollars par an à Juba, essentiellement sous forme d’aide humanitaire. Ce n’est pas la première fois que Salva Kiir et Riek Machar échouent à mettre en œuvre un accord de paix qu’ils ont eux-mêmes signés. La défiance entre les deux hommes est profonde : la guerre avait éclaté en décembre 2013 lorsque Kiir, un Dinka, a accusé Machar, alors son vice-président, membre de l’ethnie nuer, de fomenter un coup d’État. Le conflit, marqué par des atrocités de masse, a fait quelque 380 000 morts et contraint quatre millions de personnes à fuir leurs foyers.

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