Politique

Algérie : le Hirak fête ses neuf mois, au lendemain de 80 nouvelles arrestations

Des manifestants dans les rues d'Alger, le 22 novembre 2019, à l'occasion du 40e vendredi de protestation consécutif.

Des manifestants dans les rues d'Alger, le 22 novembre 2019, à l'occasion du 40e vendredi de protestation consécutif. © DR

Au lendemain de l’arrestation de plus de 80 personnes à Alger, lors d’une marche nocturne dénonçant la tenue de la présidentielle du 12 décembre, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues du pays pour célébrer l’entrée dans le neuvième mois de leur mouvement de contestation, entamé le 22 février 2019.

Pour le 40e vendredi consécutif, des milliers de citoyens ont battu le pavé de nombreuses villes algériennes pour réclamer le changement, exiger la libération des détenus d’opinion et protester contre la tenue de l’élection présidentielle du 12 décembre, en vue de laquelle cinq candidats ont déjà entamé une campagne chaotique.

À Alger, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées dans le centre, plus de deux heures avant le coup d’envoi du cortège hebdomadaire de contestation. Les manifestants ont conspué les candidats à la présidentielle, réclamé le départ des dirigeants et dénoncé les multiples arrestations qui émaillent la campagne. « C’est une campagne de répression, pas une campagne électorale », ont-ils notamment scandé.

La veille, jeudi 21 novembre, 80 protestataires ont été interpellés lors d’une marche nocturne à Alger. « La grande majorité des personnes arrêtées » ont été « embarquées vers des commissariats » dans des banlieues de la capitale, assure le Comité national de libération des détenus (CNLD), association qui recense et défend les personnes arrêtées ces derniers mois dans le cadre du Hirak, le mouvement populaire et inédit de contestation du régime qui agite l’Algérie depuis février.

Manifestations nocturnes

Jeudi soir, pour la deuxième soirée consécutive, quelques centaines d’Algériens sont descendus dans la rue pour dénoncer l’organisation d’une présidentielle par un régime dont la contestation, qui a obtenu en avril la démission d’Abdelaziz Bouteflika, président depuis vingt ans, exige le démantèlement total.

Mercredi, une centaine de personnes avaient déjà été arrêtées lors d’une manifestation nocturne similaire, dont la majorité a été relâchée après plusieurs heures de détention dans des commissariats. Mais 29 personnes ont été inculpées, notamment pour « attroupement non autorisé », dont huit, poursuivies également pour « association de malfaiteurs », ont été placées en détention provisoire.

Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées depuis le début de la campagne électorale, dimanche dernier, pour avoir manifesté devant les lieux de réunions des candidats ou avoir perturbé des meetings. Quatre d’entre eux ont été condamnés lundi à 18 mois de prison ferme et 14 à deux mois avec sursis pour avoir perturbé le meeting du candidat Ali Benflis.

Même si les autorités tolèrent, chaque mardi et vendredi depuis le 22 février – faute de pouvoir les empêcher – , les marches du Hirak, toute manifestation reste strictement interdite depuis 2001 dans la capitale algérienne.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte