Industrie

Côte d’Ivoire : le marché de la chimie et de la peinture voit l’émergence d’un nouvel acteur, Sippec

L’entreprise a investi dans une flotte d’une trentaine de véhicules de livraison.

L’entreprise a investi dans une flotte d’une trentaine de véhicules de livraison. © Jude Simon Zoungnon / Sippec

Dans un marché dominé par le groupe Hyjazi et concurrencé par l’offre informelle, Sippec tente de se créer un espace. L’alliance de deux familles d’investisseurs libanais, les Seklaoui et les Chour (Safplast), accélérée par l’interdiction des sacs plastiques, mise sur la formation pour imposer ses produits aux nouveaux peintres en bâtiments.

Le boom de l’immobilier en Côte d’Ivoire attire les convoitises dans le secteur de l’industrie chimique et de la peinture. Le 21 novembre à Abidjan, un nouvel acteur a officiellement inauguré sa nouvelle usine, d’une capacité de 40 000 tonnes, et déjà service depuis moins d’un an.

La Société ivoirienne de produits plastiques et chimiques (Sippec) est le fruit d’un partenariat entre les Seklaoui et Chour, deux grandes familles ivoiro-libanaises du paysage de l’industrie locale et ouest-africaine. Cette alliance rabat les cartes sur le marché.

Bien implantée dans l’habillement, l’immobilier, la distribution et la fabrication des appareils électroménagers, la famille Seklaoui s’est alliée aux Chour, spécialistes de l’industrie chimique avec la Société africaine de fabrication de plastique (Safplast), l’un des leaders du secteur, que l’interdiction de la fabrication de sacs en plastiques a bousculé, pour créer Sippec, avec l’ambition de créer le nouveau fleuron du secteur.

Souleymane Diarrassouba, le ministre de l’Industrie et du commerce, a fait le déplacement sur le site de l’usine pour réaffirmer le soutien du gouvernement à l’entreprenariat : « L’implantation de l’entreprise permet de renforcer l’offre du marché et cela créera une saine concurrence sur les prix ».

Un plan de développement en projet

Sippec est implantée dans l’extension de la zone industrielle de Yopougon, au nord d’Abidjan. L’usine, d’un investissement estimé à 45 millions d’euros, est financée par la Société Générale, la NSIA et la Société ivoirienne de Banque. Un nouvel investissement de 53 millions d’euros est prévu sur les trois ans à venir, notamment pour augmenter les capacités de production de 70 000 mètres carrés. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros au cours des cinq prochaines années.

Nous prévoyons d’attaquer le segment de la carrosserie, de la peinture décorative et industrielle

Cela supposera également un élargissement de la gamme de produits : « Nous prévoyons d’attaquer le segment de la carrosserie, de la peinture décorative et industrielle au cours des prochains mois pour compléter notre offre », détaille Hassan Chour, l’administrateur général de Sippe.

Mais la concurrence s’annonce rude. Des pionniers comme le groupe Hyjazi, qui détient à lui seul trois unités de fabrication de peinture (Drocolor, Kimi et SNPC), n’ont pas dit leur dernier mot. Ce groupe, fondé il y a 40 ans par la famille de même nom, a pris la relève d’Astral, l’ancien opérateur devenu un vestige de la colonisation française. Et ce pionnier du secteur fait déjà face à une bataille bien féroce. Car en plus des acteurs formels et bien structurés, il y a eu une prolifération de nouvelles entités informelles et clandestines qui opèrent parfois dans la clandestinité.

Il faut également compter avec les importations dues aux surproductions dans les usines d’Europe et d’Asie.

Former des peintres pour mieux écouler ses produits

Dans cet environnement concurrentiel, Sippec a déployé un réseau de distribution de 1 000 points de vente sur la gamme de peinture pour le bâtiment.

L’entreprise annonce lancer également une académie de formation aux métiers de la peinture pour encadrer les professionnels du secteur. Une stratégie qui repose sur la valorisation du statut et du métier de peintre peu considéré sur les chantiers. Derrière cette initiative, Sippec mise sur la création d’un réseau solide de peintres formés à l’utilisation de ses produits.

L’offre du marché ivoirien est estimée à 100 000 tonnes par an. L’urbanisation accélérée de la ville d’Abidjan devient une aubaine pour les acteurs de la construction et notamment les opérateurs sur les grands chantiers. De 2011 à 2018, le marché a enregistré une croissance de plus de 50 %.

 

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