Mines

En Guinée, Sycamore relance l’ancienne mine d’or de Semafo à Kiniero pour 35 millions de dollars

Fonderie (illustration)

Fonderie (illustration) © Alain Bachellier

Les autorités guinéennes et la société Sycamore mining ont signé un accord le 19 novembre pour relancer l’exploitation de la mine d’or de Kiniero. La société chypriote injectera 35 millions de dollars pour réaménager et éventuellement étendre le site à l’abandon depuis le départ du canadien Semafo en 2014.

La signature de l’accord-cadre a eu lieu ce mardi 19 novembre à Conakry, entre Abdoulaye Magassouba, ministre guinéen des Mines et de la géologie et Matthieu Sharples, directeur général de Sycamore Mining.

Ce fonds d’investissement chypriote a été retenu à la suite d’un appel d’offres auquel ont concouru trois autres sociétés, dont SWR et Toro Gold. « Pour commencer, Sycamore va investir cinq millions de dollars, mettre en place une garantie d’un million de dollars pour dédommager l’État en cas de manquement dans l’exécution du projet. Ensuite, elle va apporter un financement additionnel de 35 millions de dollars », précise à Jeune Afrique le secrétaire général du ministère des Mines et de la géologie Saadou Nimaga.

Depuis le départ du canadien Semafo, les autorités guinéennes étaient à la recherche d’un repreneur aux capacités techniques et financières avérées, explique Abdoulaye Magassouba.

Délivrance de permis contre un état des lieux

Sur les atouts qui ont fait peser la balance, Saadou Nimaga confie que « la disponibilité immédiate des fonds, en plus de la caution de cinq millions de dollars, ainsi que l’engagement de commencer les travaux immédiatement et en cas de défaillance assumer les dommages causés à l’État » étaient des conditions chères à la puissance publique : « Sycamore a accepté ces conditions, SWR a hésité et Toro Gold avait une position mitigée. On n’a pas eu de choix que de continuer avec la première », détaille-t-il.

Sycamore Mining dispose d’un délai de six mois pour rendre un rapport sur l’étude de faisabilité. Celle-ci consiste à « poursuivre les recherches entamées par Semafo, certains travaux préparatoires, la mise à jour et évaluation de certains équipements quant à leur capacité technique, l’identification de ceux qui doivent être remplacés », détaille Saadou Nimaga.

À l’issue de ce processus, et en cas de validation du rapport, une convention sera signée et le permis d’exploitation délivré à Sycamore mining. Ainsi, le nouvel opérateur hérite d’installations de Semafo.

Imbroglio juridique

La mine de Kiniero, située dans la préfecture de Kouroussa (dans l’est du pays) était exploitée jusqu’en 2014 par le canadien Semafo, jusqu’à ce que ce dernier ne vende ses 85 % de participation à une société privée, New Dawn Mining.

Une transaction « unilatérale sans notification à l’État guinéen », relève le président de l’ONG Actions mines Guinée, Amadou Bah, avant de conclure à un échec de la rétrocession.

Aboubacar Akoumba Diallo, consultant sur les questions minières, n’exclut pas pour sa part qu’un contentieux judiciaire naisse à la suite de la signature de l’accord de réaménagement entre Sycamore et la Guinée. « On avait écrit à l’époque à New Dawn qui nous avait répondu qu’elle n’a jamais acquis la mine », assure au ministère des Mines et de la géologie Saadou Nimaga.

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